Les produits structurés ne connaissent pas la crise. Selon le Pôle commun de l’AMF et de l’ACPR, les montants commercialisés auprès des particuliers en France sont passés d’environ 23 milliards d’euros en 2021 à près de 42 milliards en 2023, et ont atteint 66 milliards d’euros en 2025, un niveau record. Soit un marché multiplié par près de trois en quatre ans, dont plus de 80 % distribué via l’assurance-vie.
Mais qu’est-ce qui rend ces instruments financiers si populaires ?
Vous en avez peut-être déjà entendu parler ? Votre banquier vous l’a même peut-être déjà proposé en le présentant comme le produit parfait pour s’exposer aux marchés financiers tout en bénéficiant d’une protection sur votre capital ? Souvent, un gros rendement est affiché, par exemple 10 % de coupon par an avec en plus une protection du capital.
La promesse semble alléchante. Ces solutions paraissent magiques — « pile je gagne, face je ne perds pas » — sont faciles à vendre et rencontrent donc naturellement un grand succès auprès des clients.
Mais savez-vous vraiment ce qu’est un produit structuré ? Comment fonctionnent-ils ?
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité et de variabilité des revenus
Conseil de Matthieu
Qu’est-ce qu’un produit structuré ?
L’origine des produits structurés remonte aux années 1990 avec les « fonds à formule ».
Ces fonds permettaient de profiter du potentiel de hausse de la Bourse avec une protection en cas de baisse.
Un produit structuré est un placement permettant d’investir sur une large palette de sous-jacents : actions, taux, devises, indices, etc. Autrement dit, il permet de « miser » sur l’évolution du sous-jacent choisi.
Ils offrent au client une rémunération très souvent fixée à l’avance, le préservant ainsi en partie du risque de marché inhérent à un produit financier standard.
Il existe des produits structurés pour toutes les sensibilités, avec notamment :
- des produits à capital garanti ;
- des produits à capital protégé anticipant la baisse ou la stabilité ;
- des produits à capital protégé anticipant une hausse ;
- des produits à effet de levier.

Ces derniers peuvent être construits de multiples façons, mais présentent les points communs suivants :
- un sous-jacent qui est l’actif de référence (actions, indices, taux d’intérêt, matières premières, devises, fonds, etc.) comme l’indice EuroStoxx50 sur 50 actions européennes ;
- un rendement fixé et connu à l’avance (des coupons), par exemple 10 % par an ;
- une protection partielle ou totale du capital (barrière de protection), par exemple un capital garanti à 100 % ;
- une durée limitée dans le temps (en général entre 5 à 12 ans) ;
- une date de constatation qui correspond à la fréquence de vérification des conditions fixées (je vous en reparle plus tard, car il existe plusieurs scénarios possibles). Lorsque le produit peut être remboursé automatiquement par anticipation à l’une de ces dates, on parle de produit « autocall ». C’est de très loin la structure dominante en France : les autocall à barrière représentaient près des trois quarts des produits commercialisés en 2023.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.

Comment investir dans des produits structurés ?
Présenté de cette manière, le produit structuré est facile à comprendre et très avantageux pour l’investisseur. Cependant, en réalité, c’est un produit complexe et sophistiqué, souvent mal compris par les investisseurs.
On trouve ce type de produit partout :
- en banque de détail (les agences bancaires physiques, au coin de chaque rue) ;
- en banque privée ;
- en gestion de fortune ;
- dans les cabinets de gestion de patrimoine traditionnels ;
- chez les compagnies d’assurances.
De plus, il peut être logé presque partout : compte-titres, assurance-vie, PEA et PER.
Les banques aiment mettre en avant les produits structurés, car leur marketing est très facile : « s’exposer au marché actions tout en ayant une protection partielle ou totale du capital ».
Par exemple, un investisseur qui place 10 000 € le premier jour est assuré par l’émetteur de récupérer son capital initial (totalement ou partiellement, en fonction de la protection choisie) à l’échéance.
En banque « classique », vous ne trouverez que des produits structurés « standard » : vous n’aurez le choix ni du sous-jacent ni du niveau de protection du capital. Tout est déjà prédéfini et industrialisé pour vendre ces produits à toute sorte de clients particuliers.
En revanche, il existe aussi des produits structurés modulables, souvent réservés aux banques privées et à la gestion de fortune, avec un ticket d’entrée important (en moyenne 1 million d’euros). Dans ce cas, l’investisseur peut demander à sa banque une construction sur mesure du produit structuré, incluant le choix du sous-jacent et le niveau de protection du capital souhaité, la durée, etc.
C’est un gros business pour les banques et l’industrie financière en général, avec des marges très importantes.
⚠️ Attention : tous les produits structurés ne garantissent pas votre capital
Conseil de Matthieu
L’exemple que j’analyse ci-dessous porte sur un produit à capital garanti à 100 %. C’est le cas le plus favorable et pas le plus répandu.
La majeure partie du marché repose sur des produits à barrière de protection : votre capital n’est protégé que tant que le sous-jacent ne baisse pas au-delà d’un certain seuil (souvent -40 % ou -50 %). Si la barrière est franchie à l’échéance, vous encaissez la totalité de la baisse. Une chute de 55 % de l’indice, et vous perdez 55 % de votre capital.
Autrement dit : plus le coupon affiché est élevé, moins votre capital est protégé. Il n’y a pas de repas gratuit.
Pourquoi les produits structurés posent problème ?
Dans cet article, je vous propose de prendre un exemple concret, inspiré d’un produit réellement commercialisé, et de l’analyser au fur et à mesure. Imaginons que votre banquier vous propose d’investir dans un produit structuré avec les caractéristiques suivantes :
- 4,5 % de rendement annuel ;
- une protection totale du capital, même si le sous-jacent fait -100 % (évidemment, il y a une corrélation directe entre la protection du capital offerte par le produit et le rendement attendu. Un produit structuré avec une garantie de capital de 100 % aura un rendement bien inférieur à un produit structuré avec une garantie de capital de 50 %) ;
- une durée maximale de 10 ans ;
- une date de constatation annuelle à partir de la 3ᵉ année.
Exposé comme ça, 4,5 % par an de coupon avec capital garanti, ça peut sembler très attrayant, mais en fait, il existe plusieurs problèmes avec les produits structurés.
1. Le rendement est fixe
Peu importe la performance de l’indice (+30 %, +40 %, +50 %), vous n’aurez jamais plus que le rendement fixé au début (+ 4,5 %). Par conséquent, un produit structuré protège votre capital contre une forte chute, mais empêche aussi de l’autre côté votre capital de grossir en cas de forte performance de l’indice. Vous avez un plancher de protection, mais aussi un plafond de performance.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
2. L’indice est opaque, peu connu, exotique
L’indice sous-jacent est le Solactive Transatlantic Biodiversity Screened 150 CW Decrement 50 Index, vous voyez déjà qu’on rentre dans la complexité avec un indice vraiment pas commun, qui peut perdre le client.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
L’indice sélectionne les plus grandes capitalisations boursières américaines et européennes ayant fait l’objet d’un volume d’échange quotidien moyen supérieur à 5 millions d’euros au cours des 3 derniers mois. Il applique aussi un filtre basé sur des critères environnementaux, sociaux, et de gouvernance (ESG) afin de ne retenir que les entreprises ayant les meilleurs scores d’impact sur la biodiversité.
3. L’indice est biaisé
Tous les ans, l’indice se voit retrancher arbitrairement 50 points. C’est ce qu’on appelle un indice à décrément : le « 50 » du nom de l’indice, que personne ne lit, désigne exactement ce prélèvement annuel. En prenant l’indice au départ à 800 points, retrancher 50 points revient à enlever 6,25 % de performance par an. C’est énorme ! L’indice est mécaniquement orienté vers une sous-performance par rapport à sa version classique.
Bonne nouvelle : ces indices à décrément reculent. Ils représentaient encore un peu plus d’un tiers des produits commercialisés en 2023, en baisse sensible depuis 2021, et la thématique ESG s’est nettement essoufflée sur ce marché. Mais ils restent très présents dans les brochures que l’on vous tend en agence.

4. Le rendement annoncé est faux
Quand on parle de rendement en Bourse, il inclut l’idée que les plus-values sont réinvesties et qu’on profite des intérêts composés. C’est le rendement actuariel, ou autrement dit, c’est la performance annualisée, comme avec les actions américaines du S&P 500 qui ont fait +10 % par an sur les 100 dernières années.
Dans ce produit, nous n’avons pas ça. Le produit structuré n’est pas un produit capitalisant, donc aucun réinvestissement des plus-values. Les coupons sont reçus uniquement à la fin du produit.
Le rendement réel annualisé, le TRI, se calcule facilement. Par exemple, vous investissez 10 000 € l’année 0, et vous percevez 45 % de performance l’année 10, soit 14 500 €. La fonction TRI sur Excel vous donne non pas 4,5 % par an, mais 3,79 % par an.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.

En réalité, il est exactement de 3,76 % par an à cause d’un léger décalage temporel. En effet, le produit est en réalité sur 10 ans et 5 mois.
5. Le TRI est brut
Le vrai TRI à 3,76 % mentionné n’est encore pas le bon. Il manque les frais d’entrée, éventuellement les frais d’enveloppe de l’assurance-vie, et bien sûr la fiscalité et les prélèvements sociaux.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.

Ces derniers restent très importants ! Les frais d’entrée représentent 6,1 % ! Soit 605 € pour un investissement de 10 000 €. C’est énorme parce que ça vient dégrader directement ensuite votre performance. Si on reprend le TRI, dans le meilleur des scénarios, vous ne pourrez gagner que 3,13 % de performance annuelle en prenant en compte ces frais.
Au passage, vous paierez aussi des frais de sortie de 0,5 %, soit 50 €, si vous souhaitez sortir de manière anticipée.

Et ce cas n’a rien d’exceptionnel. En juin 2026, le Pôle commun de l’ACPR et de l’AMF a publié une étude consacrée aux frais, à la performance et à la distribution des produits structurés commercialisés entre 2023 et le premier semestre 2025. Sur les 51 produits passés au crible, le coût d’entrée total s’échelonne de 1,20 % à 13,16 % selon le distributeur, pour un coût moyen de 5,83 %.
Le régulateur pointe surtout ceci : ces frais étant intégrés à la structuration financière du produit plutôt que facturés à part, ils sont difficiles à identifier pour l’investisseur. Ils sont prélevés en totalité dès l’acquisition et ne sont pas proratisés si le produit est remboursé au bout de trois ans au lieu de dix. Vous payez dix ans de frais pour trois ans de placement.
De quoi se composent les produits structurés ?
Le produit structuré porte bien son nom, il est appelé produit structuré, car il est construit en 2 parties :
- la composante obligataire ;
- la composante optionnelle, qui utilise donc les options qui sont des produits financiers complexes si vous n’en avez jamais touché.

La composante obligataire (c’est-à-dire tout simplement une obligation), représente 85 % à 95 % du produit structuré. Il s’agit d’une obligation 0 coupon, c’est-à-dire une obligation qui ne verse pas de coupon et qui en contrepartie est achetée avec une décote (acquise par exemple à 80, mais qui à maturité vaudra 100) qui correspond aux coupons non versés. C’est cette partie-là du produit, qui permet de fournir la protection du capital à l’investisseur.

Cerise sur le gâteau : en règle générale cette obligation appartient à l’émetteur
Par exemple, si vous achetez un produit structuré chez la Société Générale, alors il sera composé de 85/95 % d’obligation de… la Société Générale. C’est donc un double bénéfice pour la société émettrice.
Les produits structurés sont-ils rentables ?
Comme je vous le précisais au début de cet article, il existe plusieurs scénarios possibles. Selon le cas, l’investisseur va plus ou moins gagner. Je devrais d’ailleurs dire : va plus ou moins perdre…
Nous prenons comme base et point de départ 800 points pour l’indice sous-jacent du produit structuré. La 1ʳᵉ date de constatation intervient au bout de 3 ans. Si la valeur de l’indice est alors inférieure à 800 points, le produit structuré continue jusqu’à la période de constatation suivante, un an plus tard, et pour l’instant l’investisseur n’a rien gagné.
En revanche, dès qu’à une date de constatation, la valeur de l’indice est supérieure ou égale à 800 points, alors le capital initial est remboursé à 100 % et un gain de 4,5 % brut par an écoulé est versé.
Le cas défavorable pour l’investisseur est le suivant : le produit va jusqu’à son échéance sans que jamais l’indice ne dépasse les 800 points. Au bout de 10 ans, le produit se clôture, vous êtes remboursé de votre capital, et vous n’avez strictement rien gagné !
Pire, vous avez perdu :
- les frais de gestion de l’assurance-vie (0,96 % par an et 3 % de frais de versement pour l’assurance-vie Société Générale) ;
- et vous venez surtout de perdre 10 ans de votre vie, à investir sur un mauvais produit.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
Évidemment, il peut y avoir un cas favorable. Par exemple, l’indice ne fait que baisser les 9 premières années et, à la toute dernière date de constatation, en année 10, il repasse au-dessus des 800 points.
À ce moment-là uniquement, le produit se clôture, vous êtes remboursé de votre capital et vous recevez tous les coupons des années précédentes (10 coupons au total, chaque coupon à 4,5 % brut), soit un TRI de 3,76 % brut de nouveau comme nous l’avons vu plus haut. C’est le seul scénario où on peut obtenir le coupon annoncé de +45 %.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
Un autre cas peut être favorable pour le client, le cas du remboursement anticipé.
Par exemple, les 2 premières années, l’indice est baissier. À la 3ᵉ année, jour de la première date de constatation, l’indice atteint 1 000 points (soit +25 % par rapport à sa base de 800 points).
Conséquence : le produit se clôture, vous êtes remboursé de votre capital et vous recevez 1 coupon par année écoulée (3 coupons, chacun de 4,5 %, soit 13,5 % brut). Évidemment, vous ne profitez pas alors de l’indice qui fait +25 %, mais seulement des coupons bruts, puisque votre gain est plafonné.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
Petit rappel, c’est un coupon 4,5 % brut. En allant chercher le DIC du produit qui est annualisé et prend en compte les frais, voici en fait les résultats des différents scénarios :

Dans le meilleur scénario, vous venez en fait de générer seulement 2,5 % par an (hors fiscalité et frais d’enveloppe si le produit est logé dans une assurance vie). En prenant en compte les frais de gestion d’une assurance-vie, en général autour de 0,7 % par an, on tombe autour de 1,8 % par an. Autrement dit : à peine mieux qu’un Livret A, dont l’argent reste disponible à tout moment et n’est soumis à aucun risque de marché ni à aucun risque d’émetteur. Pour un placement bloqué jusqu’à dix ans sur un produit complexe, la prime de risque est proche de zéro. Et un bon fonds euros fait généralement mieux, sans immobiliser votre épargne aussi longtemps.
Quels sont les risques liés aux produits structurés ?
En plus des 5 problèmes précédemment décrits et de cette performance très médiocre, les produits structurés présentent plusieurs autres limites importantes.
Le risque de perte en capital
Si vous souhaitez retirer votre argent en cours de vie du produit, votre capital n’est alors aucunement protégé. Souvenez-vous : la protection du capital ne joue qu’à l’échéance finale du produit (très souvent 10 ans). En cours de route, votre produit est valorisé au prix du marché, et cette valeur peut se situer très en dessous du montant investi, d’autant que les frais d’entrée, eux, ont déjà été intégralement prélevés dès le premier jour.
Le risque de défaut de paiement de l’émetteur
Généralement, l’émetteur est un établissement bancaire, c’est un risque qui peut être limité, mais qui existe. Un défaut de paiement pourrait entraîner une perte totale ou partielle de l’investissement.
Le risque de payer des frais trop importants
De plus, comme nous l’avons vu, il existe des frais souvent peu transparents pour le souscripteur. Le rendement brut devient un TRI net largement inférieur à ce qui est annoncé de prime abord. Il faut ajouter à cela la fiscalité, les frais de souscription, les frais du contrat d’assurance-vie, etc. Et sur ce point, l’addition s’est alourdie : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la hausse de la CSG votée en loi de financement de la Sécurité sociale a porté les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, faisant passer le prélèvement forfaitaire unique de 30 % à 31,4 %. Un produit structuré logé dans un compte-titres est directement concerné. L’assurance-vie, elle, a été préservée et conserve des prélèvements sociaux à 17,2 %.
Le risque de ne pas profiter pleinement de la performance du sous-jacent
D’autre part, le rendement des produits structurés est évidemment fixe et plafonné, ce qui signifie que l’investisseur ne profite pas pleinement de la performance du sous-jacent. Si l’indice sous-jacent affiche une performance de +25 %, vous n’aurez jamais plus que le rendement prévu au début.
Par ailleurs, bien que l’investisseur connaisse la durée maximale du produit, il ignore combien de temps son épargne sera réellement investie : 3 ans, 5 ans, 9 ans, 10 ans ? Le produit structuré peut en effet se clôturer en fin de vie, mais peut aussi se clôturer en cours de route.
Dernier point, mais non le moindre, un produit structuré n’est pas un produit capitalisant, impossible d’avoir des intérêts composés.
L’AMF s’est penchée sur le sujet à plusieurs reprises. Dans une première étude, portant sur un échantillon de 6 217 produits structurés commercialisés, elle relevait que moins de la moitié d’entre eux (47 %) faisaient mieux qu’un fonds répliquant le CAC 40 — et moins du quart (22 %) une fois les dividendes réinvestis pris en compte.
Autrement dit, en tenant compte des dividendes, 78 % des produits structurés ont sous-performé (on parle ici brut de frais). Les frais étant élevés, je pense que c’est bien plus de 80 % des produits structurés qui sous-performent, avec souvent des produits qui échouent complètement à amener une vraie performance par rapport à un taux sans risque.

L’AMF arrive donc à la conclusion suivante : « S’agissant des performances brutes des produits structurés, elles sont très largement positives dans la plupart des cas, y compris lorsqu’elles sont corrigées de l’inflation (le rapport date de 2020, donc l’inflation était encore très faible). En revanche, ces produits apparaissent comme relativement peu performants, comparés à des investissements boursiers traditionnels (investissement en actions ou obligations). Enfin, les produits les plus complexes sont les moins performants »
Ce rapport commence à dater. Mais le régulateur est revenu sur le sujet en juin 2026, avec une étude conjointe de l’ACPR et de l’AMF portant cette fois sur des produits commercialisés entre 2023 et mi-2025. Le constat est le même : la performance des produits analysés est en moyenne inférieure à celle des marchés sur la période 2022-2024, un écart que les autorités attribuent directement au poids des coûts et au prix de la protection du capital.
L’étude relève par ailleurs des situations de non-conformité chez les distributeurs, notamment sur la présentation annualisée des frais, sur l’absence de ventilation claire entre coûts du produit et coûts du service, et sur l’absence de mention des rétrocessions perçues du producteur. Traduction : même en lisant attentivement les documents qu’on vous remet, vous n’avez pas toujours les moyens de savoir ce que vous payez.
Soyons honnêtes sur un point, parce qu’on vous l’opposera : sur la période 2021-2023, ces produits ont majoritairement bien fonctionné. Moins de 1 % des produits remboursés ont entraîné une perte en capital, et le rendement annuel médian distribué s’est établi entre 6 et 7 % brut de frais et de fiscalité. Sauf que ces trois années ont été des années de marchés haussiers, et l’AMF prend elle-même soin de préciser que ces résultats ne présagent en rien de ce qui se produirait en marchés baissiers. C’est exactement le problème : on juge la solidité d’un parachute le jour où il pleut, pas quand il fait beau.
En bref, frais élevés, sur-intermédiation, opacité, complexité, absence d’intérêts composés, facile à vendre : vous l’aurez compris, les produits structurés sont de très bons produits, si vous êtes la banque ! Pour nous, investisseurs, ce sont généralement des produits à fuir.
Dans ma réflexion, il faut également considérer « le coût d’opportunité » : En allouant des fonds à ces produits, vous renoncez à d’autres options potentiellement plus lucratives. La perte est d’autant plus importante si pendant 10 ans votre produit structuré vous a fait payer des frais sans rien rapporter, alors que dans le même temps, une bonne allocation de capital aurait été très profitable.
Chez S’investir Conseil, le cabinet de conseil en gestion de patrimoine que j’ai fondé avec mes associés, nous adoptons évidemment une approche à l’opposé. Nous ne vendons pas de produits en fonction des commissions ou des marges bénéficiaires. Nous travaillons au contraire en architecture ouverte en sélectionnant parmi tout le marché les meilleurs produits et les meilleures solutions pour nos clients, que nous utilisons d’ailleurs très souvent nous-mêmes, garantissant ainsi que nos conseils sont alignés avec les intérêts de nos clients. Si vous souhaitez découvrir notre cabinet, il vous suffit de cliquer sur l’onglet ci-dessous.
⚠️ Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse personnelle de votre situation financière, de vos objectifs patrimoniaux et de votre profil de risque.
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Une réponse
Bonjour, ma conseillère SG m’a incité e souscrire en juillet 2024 à *SG TAUX FIXE 2036″. 10000 €
Après diveres informations peu satisfaisantes sur ce placement, je lui ai fait part et mon désir de clôturer ce placement. Elle m’a affirmé que cela n’était pas une bonne idée et que j’allais subir des pénalités et donc des frais+++.
Merci de bien vouloir m’informer à ce sujet et de mes droits à clôturer
ce placement.
Bien cordialement.
J. Balvay