Les Actions à Dividendes ne vous rendront jamais riche !

Pourquoi les Actions à DIVIDENDES ne vous rendront jamais riche ? Voici les choses à savoir absolument AVANT d'investir dans des Actions à Dividendes !
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Matthieu Louvet
Les Actions à Dividendes ne vous rendront jamais riche ! S'investir
Table des matières
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Cela semble être la solution à tous les problèmes de l’investisseur : performances exceptionnelles, risques modérés, vous permettant ainsi de voir croître votre patrimoine de manière exponentielle tout en recevant une belle rente à vie.

J’ai étudié pour vous la stratégie « Top 5 actions à dividendes » et j’en ai fait une sélection avec des distributions élevées, voire très élevées, et parfois même, à dividendes qui augmentent tous les ans. Une partie de ces actions est appelée : Dividend Aristocrats et sont très plébiscitées par les investisseurs. Certaines sont même éligibles au PEA.

Les performances des actions à dividendes

En plus de ces juteux bonus, les actions à dividendes sont supposées prendre de la valeur au fil des années, vous permettant de les revendre avec une belle plus-value. J’ai donc calculé pour vous le rendement réel de ces actions : dividendes + augmentation du prix.

Nous allons pouvoir comparer ça avec une stratégie ETF, mais… nous allons surtout parler du piège dans lequel tombent beaucoup de débutants et qu’il faudra absolument éviter. Si vous investissez dans ce type d’actions ou comptez le faire, lisez bien ce qui va suivre, cela va peut-être chambouler vos plans.

L’action Total dans son PEA

Une des actions à dividendes PEA les plus connues et que vous pouvez détenir est l’action Total. Le rendement des dividendes de Total au cours des 10 dernières années a été de 5,8 % en moyenne. J’ai donc calculé sa performance au cours de la décennie passée.

Déjà, voici le cours de l’action des 10 dernières années :

Cours de l'action TOTAL 10 ans
Cours de l'action à dividendes TOTAL (2011-2021)

Sa performance annualisée, sans prendre en compte les dividendes, est de -1,59 %. Total a donc eu une performance négative.

Mais heureusement, les dividendes sont là ! À partir de leur historique qu’on retrouve sur le site de Total, j’ai pu recréer la performance réelle de l’action Total en prenant donc en compte les dividendes :

Performance réelle de l'action Total
Performance réelle de l'action à dividendes Total (dividendes réinvestis, 2011-2021)

Sur le graphique ci-dessus, on voit bien que la prise en compte des dividendes, donnant la performance réelle de l’action, ici en rouge, apporte cette fois-ci une performance positive. Cependant, sa performance réelle, dividendes pris en compte, a été de +3,83 % par an sur les 10 dernières années. Ce qui est finalement très peu ! Si on compare l’action Total avec dividendes au CAC 40 avec dividendes aussi :

L'action Total vs le CAC 40 dividendes réinvestis
L'action Total dividendes réinvestis vs le CAC 40 dividendes réinvestis

L’action à dividendes Total, en rouge, a sous-performé le CAC 40, en bleu. Le CAC 40 a lui eu une performance de +7,27 % par an depuis 10 ans, performance que vous auriez facilement pu obtenir avec les meilleurs ETF pour PEA.

Total n’a donc pas été un bon investissement au cours de la décennie passée. Un investissement sur un simple ETF CAC 40 aurait été beaucoup plus performant, et au passage plus diversifié et moins risqué. Évidemment, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

La confusion entre rendement dividende et performance

Aujourd’hui, on voit énormément d’articles et de vidéos qui parlent d’actions à dividendes, comme étant l’investissement ultime, et beaucoup parlent de l’action Total.

Exemples d’actions à yield élevé

Alors, j’ai pris l’exemple sur l’action Total qui reste très populaire, mais j’ai aussi réalisé les calculs pour plusieurs entreprises très plébiscitées pour leurs dividendes. Voici la performance réelle annualisée sur les 10 dernières années des quelques sociétés concernées :

● CNP Assurances à 3,81 % ;

● Danone à 4,38 % ;

● Siemens à 5,58 % ;

● Sodexo à 5,64 % ;

● Orange à 1,14 %.

Toutes ces actions à dividendes ont donc sous-performé un simple ETF CAC 40. Orange, qui a donc fait 1,14 % par an, a fait moins bien que… le Livret A sur la même période. Oui, le livret A a rapporté 1,15 % par an sur la dernière décennie. Même si son taux a énormément baissé, en 2011, le taux moyen du Livret A était encore de 2,1 %.

Le piège des actions à rendement élevé

Le piège est donc d’être totalement aveuglé par les dividendes et d’en oublier la performance réelle d’une action qui dépend évidemment de son prix. Le calcul est pourtant simple : gagner 10 % par an en bonus, mais perdre 10 % par an via le prix de l’action, vous rapportera exactement… 0 euro !

Ces différences de performance constatés viennent creuser un écart énorme de gains pour votre portefeuille avec les intérêts composés. 10 000 € placés sur les 10 dernières années sur l’action Total auraient généré 4 500 € de gains, contre 10 200 € pour un ETF CAC 40. Sur 30 ans et avec les mêmes paramètres, l’ETF vous aurez généré plus de 50 000 € de plus que l’action Total, et avec beaucoup moins de risques pris. Vous pouvez facilement simuler ces résultats avec l’Excel intérêts composés offert.

Retrouvez la version vidéo d'une partie de cet article juste ici :

La provenance du cash généré par les actions à yield élevé

D’abord, il faut bien saisir d’où vient un dividende. Il est important de comprendre ce qui se passe concrètement.

Lorsqu’une entreprise a généré des bénéfices, elle peut en distribuer une partie à ses actionnaires sous forme de cash : c’est ce que l’on appelle les dividendes.

Le transfert d’argent des actions à rendement

Imaginons que la société S’investir investit dans un parc immobilier. Elle détient actuellement 4 immeubles de 50 000 € chacun. Sa valeur est donc estimée à 200 000 €. Elle a généré durant l’année 50 000 € de bénéfices. Sa valeur actuelle est donc estimée à 250 000 € : 200 000 € d’immeubles et 50 000 euros en trésorerie.

L’entreprise possède 10 actionnaires qui détiennent chacun un dixième de 250 000 €, soit 25 000 € par tête, puisqu’ils sont copropriétaires de la société.

L’entreprise décide de verser un dividende de 10 000 €, soit de 1 000 € par actionnaire.

Puisque cette société sort de sa trésorerie 10 000 € pour verser ce dividende, la nouvelle valeur de l’entreprise est à présent de 240 000 €.

Les actionnaires qui possédaient précédemment 25 000 € chacun détiennent à présent toujours 25 000 euros, mais sous une forme différente : 24 000 en tant que propriétaire d’un dixième de l’entreprise S’investir, et 1 000 euros en cash sur leur compte espèce personnel.

exemple-entreprise-sinvestir-dividende-actionnaire
Exemple d'un versement de dividendes avec la société S'investir

Du point de vue de l’actionnaire, avant le dividende, il possédait 25 000 € investis dans son portefeuille d’actions et comme propriétaire d’un dixième de l’entreprise S’investir.

Après le versement du dividende, comme la valeur de la société a chuté du montant du bonus versé, il se retrouve avec 24 000 € sur son portefeuille d’actions et 1 000 € suite au dividende en cash sur son compte espèce. Le versement du dividende n’a pas enrichi l’actionnaire. On dit qu’il a été neutre.

La neutralité du dividende

Oui, les dividendes n’enrichissent pas les actionnaires. Attention, je ne dis pas que les investisseurs actionnaires ne s’enrichissent pas. J’affirme simplement que ce n’est pas le versement du dividende qui les enrichit, mais ce sont les bénéfices de l’entreprise, l’activité de l’entreprise tout au long de l’année, qui le fait.

Dans mon exemple, durant l’année n-1, l’entreprise valait 200 000 €, soit 20 000 € par actionnaire. Grâce aux bénéfices générés, l’entreprise vaut 250 000 € l’année n, soit 25 000 € par actionnaire.

Exemple de la valeur par actionnaire pour une entreprise
Exemple de la valeur par actionnaire pour une entreprise

Les dividendes, eux, ne sont qu’un transfert d’argent du compte de l’entreprise, mais qui appartient déjà aux actionnaires, puisque propriétaires, vers leur compte personnel.

Tous les dirigeants d’entreprise qui m’écoutent doivent bien le savoir : ils ne gagnent pas de l’argent par magie le jour du dividende, ils en gagnent grâce à l’activité de leurs sociétés et à ses bénéfices.

C’est finalement comme une pizza : avant un dividende, la pizza est entière, c’est le prix de l’action, imaginons 100 €. Après le dividende, on vient prendre une part, on vient détacher le dividende de l’action qui coûte à présent 95 € en imaginant un dividende de 5 €.

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Exemple d'un détachement de dividendes avec une pizza

L'arnaque des actions à dividendes

À l’appui de ces résultats, la théorie et les recherches scientifiques ont démontré la non-pertinence des dividendes depuis 1961 avec l’article « Dividend Policy, Growth, and the Valuation of Shares » de Merton Miller et Franco Modigliani.

Le versement de cash diminue le prix de l’action

Il faut impérativement comprendre que le versement de cash a pour effet immédiat de diminuer le prix de l’action du montant du dividende. On comprend pourquoi l’action Total par exemple, qui verse de gros bonus, et dont le cours a pourtant fait -1,59 % par an depuis 10 ans. En effet, dès que Total verse 3 € de dividende par action, l’action chute dans le même temps de 3 €.

Voici ce qui se passe sur le prix de l’action :

Impact du dividende sur le prix de l'action
Impact d'un versement de dividende sur votre portefeuille
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La chute du cours de l'action à chaque dividende détaché

Votre portefeuille n’a pas évolué : 30 000 € avant le dividende, 30 000 € après.

Les dividendes ne rapportent rien

En effet, les dividendes ont un effet neutre pour votre portefeuille. Ils ne vous rapportent rien. L’argent reçu sur votre compte espèce est retranché de votre portefeuille investi. Sinon, il serait très simple de gagner de l’argent, avec une simple opération d’arbitrage : investir avant le versement à 30 €, revendre immédiatement après à 30 € et empocher les 3 € de dividendes. Faites cela pour 10 000 actions et vous voilà avec 30 000 € d’argent « facile ».

Évidemment, cela est impossible. Dans la réalité, vous ne revendrez vos actions qu’à 27 €, et non à 30 €. Vous ne gagnez aucun euro sur cette opération (vous en perdez même avec les frais de courtage et le spread).

Si vous êtes quand même friand de dividendes, sachez que vous pouvez vous créer votre propre dividende en vendant une partie de vos actions quand vous avez besoin de cash. L’opération est identique à un versement de dividende.

Certains me répondront que vendre une partie de ses actions fait diminuer son nombre d’actions. Oui, mais le but d’un investissement n’est pas d’avoir le maximum de parts dans son portefeuille, mais bien le maximum de plus-value. Et il n’y a aucune différence au niveau de la plus-value entre vendre 100 € d’actions ou percevoir 100 € de dividendes. C’est d’ailleurs cette solution qu’utilise Warren Buffett pour vivre de la Bourse.

1961 theorie miller finance dividende
Théorie de la non-pertinence des dividendes

En d'autres termes : ce n'est pas la manière dont les bénéfices de l'entreprise sont transmis aux propriétaires qui est déterminante, mais le montant des bénéfices.

Une action à yield élevé n’est pas un revenu passif

Tout simplement, car ce n’est pas un revenu tout court.

Si c’était le cas, il suffirait à des spéculateurs d’acheter des actions avant leurs dividendes pour les revendre ensuite en ayant encaissé le cash et gagné de l’argent sans prendre trop de risques. Or, ce n’est pas le cas, il n’y a évidemment pas d’arbitrage possible.

L’argent gratuit n’existe pas en Bourse

Une autre croyance est de dire :

« Oui, certes, le dividende fait baisser le cours à l’instant du versement, mais l’action sur la durée va rattraper cette perte ».

Peut-être ou pas. En moyenne, ce sera le cas, car les marchés sont haussiers sur le long terme et que lesentreprises font des bénéfices. Mais, il n’y a aucune garantie de cela et surtout, il n’existe absolument aucune loi de la finance qui obligerait l’action à compenser la chute suite à un dividende. Ça n’existe pas !

Une autre manière de s’en apercevoir consiste à regarder les cours ajustés des actions. Cela correspond à la performance totale d’une action, c’est-à-dire la variation de sa valeur et les dividendes pris en compte et réinvestis.

Par exemple, sur la période où l’on a analysé les dividendes de Realty Income, voici son cours ajusté. C’est ce qu’a gagné réellement un investisseur dessus, tout pris en compte. On voit bien que cet investisseur n’est pas mieux loti qu’un autre. Il est soumis à la volatilité des marchés, comme tout le monde. Les dividendes ne créent pas une espèce de sécurisation de capital.

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Cours ajusté de Realty Income

Voici aussi le cours ajusté de l’action TotalEnergies depuis le 1ᵉʳ janvier 2008. Il n’est pas plus stable qu’un autre. D’ailleurs, même avec des dividendes importants, un investissement sur TotalEnergies dividendes pris en compte, puisqu’on est sur le cours ajusté, n’aurait rien rapporté entre le 1ᵉʳ janvier 2008 et le 1ᵉʳ novembre 2020. Les dividendes n’ont pas compensé la chute des cours.

Cours ajusté de TotalEnergies
Cours ajusté de TotalÉnergies

Les actions à yield élevé ne vous enrichissent pas

La croyance selon laquelle les dividendes nous enrichiraient même si les marchés baissaient est une fausse croyanceparce que ce n’est qu’un transfert de votre compte d’investissement vers votre compte espèce. Et, c’est peut-être un des points d’économie les plus incompris des investisseurs particuliers : un dividende ne vous apporte aucune performance, aucun gain.

Pourtant, toutes les semaines, on voit des dizaines de contenus à ce sujet, surtout sur YouTube, Instagram, Twitter, répandant cette idée erronée que les dividendes seraient un gain, un revenu passif. Effectivement, sur le papier, c’est très sexy. Mais malheureusement, la réalité est toute autre.

Alors, méfiez-vous la prochaine fois que vous croiserez une personne vous affirmant avoir touché des revenus grâce à ses dividendes. Demandez-lui son graphique. S’il a touché 100 € en dividendes, c’est qu’il a perdu 100 € de l’autre côté.

Les actions à rendement sont néfastes pour l’investisseur

Mais, je vous ai menti. Le dividende n’est pas tout le temps neutre.

En fait, le dividende est très souvent néfaste.

Dans la vie réelle, ils sont fréquemment préjudiciables pour l’investisseur, car ils dégradent sa performance à cause de l’imposition. Et, vous allez voir que la fiscalité des dividendes est sûrement pire que ce que vous pensez.

En effet, excepté sur des actions européennes dans un PEA, dans un compte-titres en France (les investisseurs à dividendes finissent la plupart du temps par avoir des actions américaines), les dividendes sont taxés en général à la flat-tax de 30 %.

Par conséquent, chaque versement d’un dividende, qui déjà est neutre financièrement, s’accompagne en fait d’une perte sèche de 30 % à cause des impôts dessus. Et, même si vous n’êtes pas fiscalisé à 30 %, vous n’échapperez pas à l’impôt à la source sur les dividendes.

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Perte sèche de 30 % à chaque détachement de dividende

Imaginez un portefeuille versant 4 % de dividendes par an. Si 4 % de votre portefeuille est converti annuellement en dividendes, c’est donc 30 % de ces 4 % (soit 1,2 %) de votre portefeuille qui partent annuellement aux impôts. 1,2 % en moins tous les ans, c’est assez catastrophique pour un portefeuille.

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1,2 % de rendement en moins à cause de la flat tax

Sur 35 ans, obtenir 8,8 % de performance au lieu de 10 % par an sur 20 000 €, c’est passer à côté de 179 000 €. Pour tous ceux qui pensaient que les dividendes étaient un formidable levier d’intérêts composés, vous vous rendez compte qu’après fiscalité, les dividendes sont plutôt un formidable frein.

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Performance d'un portefeuille en bourse à 8,8 % sur 35 ans
1,2-d'impôts-10%-35ans-performance-bourse
Performance d'un portefeuille en bourse à 10 % sur 35 ans
1,2%-impots-graphique-difference-dividendes
Investissement de 20 000 € à 10 % contre 8,8 % de rendement annuel

Par conséquent, et surtout si vous n’êtes pas en phase de rente, vous devriez essayer de minimiser vos dividendes, ou en tout cas ne pas chercher à les maximiser. Parce que ces impôts seront à payer même si vous comptez réinvestir vos dividendes. Chaque versement de dividende fiscalisé est une perte sèche pour l’investisseur.

Pour ceux en phase de rente, dans l’article comment vivre de la Bourse — La stratégie de Warren Buffett, je vous montre pourquoi se verser des rentes grâce aux dividendes est fortement sous-optimisé et qu’il existe une meilleure solution, celle utilisée par Warren Buffett.

Vous pouvez d’ailleurs faire vos propres simulations d’intérêts composés avec le tableur téléchargeable gratuitement, disponible ci-dessous.

L’alternative aux actions à yield élevé

Vous comprenez donc que choisir des actions pour ses dividendes n’est pas du tout gage de performance et de placement sans risque. En investissant par exemple sur l’action Orange sur les 10 dernières années (qui affiche un rendement dividende de plus de 9 % actuellement), vous auriez pris beaucoup plus de risques pour une performance inférieure au livret A.

Certains veulent des dividendes pour finalement les réinvestir et faire fructifier leur patrimoine sur le long terme. Cependant, comme l’opération de versement du cash est neutre pour votre portefeuille (voir plus haut), vous ne devrez pas vous réjouir de voir un dividende versé.

Cela devrait plutôt vous déranger, car :

1. Vous ne gagnez pas d’argent avec les dividendes comme on l’a vu (l’argent versé sur votre compte espèce est retranché de votre portefeuille investi).

2. Vous allez devoir payer des frais de courtage pour réinvestir ces dividendes (sauf avec un broker gratuit comme Trade Republic).

3. Vous allez devoir payer un spread (écart entre le prix d’achat et le prix de vente) pour réinvestir ces dividendes.

4. Vous allez devoir payer des impôts sur le dividende perçu si vous êtes sur compte-titres (30 % tout de même !).

5. Vous ne faites plus travailler l’argent des dividendes perçus tant que vous ne les réinvestissez pas. Pire, il est uniquement soumis à l’inflation…

La prise en compte du cash généré par les actions à rendement dans la performance

Maintenant, ne nous méprenons pas. Quand je dis que les dividendes sont neutres, voire néfastes, je ne prétends pas qu’ils ne sont pas à considérer dans la performance. Les dividendes sont évidemment à prendre en compte dans la performance d’un investissement.

De la même manière, si j’avais 1 000 € sur mon compte bancaire, 0 € en cash (donc un patrimoine de 1 000 €), et que je retirais 500 € en cash, je n’aurais pas 500 € de patrimoine total comme indiqué sur mon compte en banque. Mais, j’aurais bien 1 000 € en tout, en comptant l’argent sur mon compte en banque et mon cash.

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Exemple avec 1 000 € sur un compte bancaire et un retrait de 500 € en cash

Par conséquent, évidemment qu’il faut comptabiliser les dividendes dans la performance d’une action ou d’un indice en Bourse. Le graphique montrant le S&P 500 avec dividendes réinvestis versus sans dividende est une illustration de ce phénomène.

Non pas parce que les dividendes ont généré des revenus, mais parce que l’absence de prise en compte des dividendes enlèverait une partie de notre investissement (puisque les dividendes agissent comme un retrait).

s&p500-avec-et-sans-dividendes-graphique-bourse
S&P 500 avec et sans dividendes réinvestis

Au passage, les rendements des dividendes dans la 1re moitié du 20ᵉ siècle étaient en moyenne nettement plus élevés que dans la 2de moitié. Tandis que les rendements totaux — et seuls ceux-ci sont importants — étaient exactement le contraire.

Entre 2009 et 2020, on a connu un des marchés les plus haussiers de l’histoire avec des rendements de dividendes les plus bas de l’histoire. Bref, des rendements de dividendes élevés ne sont pas synonymes de rendements totaux élevés.

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Évolution du rendement des actions du S&P 500 entre 1900 et 2022

Les raisons pour lesquelles les entreprises versent des dividendes

Ne nous méprenons pas non plus. Je ne dis pas que les dividendes sont inutiles. Il faut comprendre pourquoi certaines entreprises versent des dividendes.

Premièrement, les entreprises à yield élevé ne sont actuellement pas majoritaires. Aux États-Unis, en 2021, 62 % des entreprises ne procèdent pas à la distribution de dividendes. Dans le monde, environ 50 % des sociétés ne versent pas de dividende.

La société de Warren Buffett, par exemple, Berkshire Hathaway, n’a jamais versé de dividendes. Vous pouvez d’ailleurs lire la lettre de Warren Buffett de 2012 où il explique à ses actionnaires pourquoi ne pas verser de cash est plus optimisé pour eux.

Lettre-actionnaires-Warren-Buffett-dividendes-Berkshire-Hathaway
Lettre de Warren Buffett aux actionnaires de Berkshire Hathaway

Pourquoi certaines entreprises le font-elles ?

Lorsqu’une société a généré des bénéfices, elle a plusieurs options pour placer ce cash, notamment :

● investir dans de nouveaux projets ;

● investir dans de la recherche et développement ;

● investir pour des fusions/acquisitions.

Si aucun de ces investissements n’est susceptible de générer un retour sur investissement acceptable, alors l’entreprise ferait mieux de transférer l’argent à ses actionnaires via 2 solutions :

● les dividendes ;

● les rachats d’actions.

Il ne faut surtout pas qu’une société garde une montagne de cash qui ne fructifie pas et qui est simplement exposée à l’inflation. C’est donc une bonne chose de transférer cet argent aux actionnaires au lieu de gaspiller sa trésorerie dans des projets non rentables ou de ne rien faire.

Mon avis sur les meilleurs actions à dividendes

Soyons clairs : je ne suis pas contre les dividendes. Si une entreprise ne dispose pas de meilleures opportunités pour placer son cash, alors je suis clairement pour que l’entreprise le distribue via les dividendes ou via le rachat d’actions. C’est une décision financière sensée. Toutefois, je ne recherche pas des sociétés pour leurs dividendes.

Les choses à savoir sur les dividendes

 

1. Les dividendes ne créent aucune valeur

C’est simplement un transfert du compte bancaire de l’entreprise, déjà détenu par les actionnaires qui en sont copropriétaires, vers les comptes personnels des actionnaires. Un transfert des actionnaires aux actionnaires. Donc, c’est simplement la nature de ce cash qui change. Par conséquent, ce n’est pas ce qui enrichit les investisseurs. Ce sont bien les bénéfices qui les enrichissent, tout simplement. Les dividendes ne sont pas un revenu passif, car ils ne sont pas un revenu tout court, comme pourraient le prétendre certains.

2. Un versement de dividende s’accompagne de la chute du même montant de l’action

Les dividendes sont neutres avant impôts. Après impôts et frais de transaction, les dividendes sont néfastes pour les investisseurs, puisqu’ils freinent les intérêts composés.

3. Les dividendes comptent dans la performance

Les dividendes sont évidemment à considérer dans la performance d’un investissement, de la même manière qu’il faudrait considérer un retrait.

4. Le versement de dividendes peut être sensé

Verser des dividendes peut être une décision sensée pour une entreprise qui ne trouve pas d’opportunités d’investissement. Je ne suis donc pas contre les dividendes, je préfère cependant les rachats d’action bien opérés, plus efficients fiscalement. Aux États-Unis d’ailleurs, plus de transferts de liquidités ont été apportés par les rachats d’actions que par les dividendes lors de la dernière décennie.

Les actions à yield très élevé ne constituent pas un revenu

Au passage, me montrer des actions à rendement avec une performance historique très élevée n’est pas une preuve que les dividendes sont un revenu. Mais, c’est simplement une anecdote qui pourrait être contrée par une réponse similaire en montrant une action à dividendes avec une performance catastrophique.

De la même manière, certaines des actions les plus performantes au monde au cours des 40 dernières années n’ont jamais versé de dividendes ou n’ont commencé à distribuer des dividendes qu’après des décennies de rendements boursiers phénoménaux. Ces derniers étant alimentés uniquement par les gains du cours des actions. On peut citer Apple, Microsoft, Amazon, Google ou encore Berkshire Hathaway, la société de Warren Buffett.

La stratégie passive pour les investissements

Sachez qu’il existe des recherches scientifiques, des stratégies appuyées qui ont fait leurs preuves, soutenues notamment par des Prix Nobel de l’Économie, et des résultats empiriques solides qui nous disent qu’il existe une bonne façon d’investir pour les particuliers, à savoir : la gestion passive, à partir d’ETF.

Si votre objectif est d’investir à long terme, vous trouverez difficilement une meilleure approche. Si vous souhaitez découvrir et aller plus loin dans la stratégie passive, vous pouvez télécharger gratuitement mon ebook pour investir avec bon sens.

Merci d’avoir lu cet article. L’objectif est simplement de remettre en perspective tout ce qu’on lit et entend au sujet des dividendes, et de corriger quelques idées reçues. Comme d’habitude, le but est de vous aider, vous, afin d’optimiser vos investissements et de mettre le maximum de chances de votre côté.

Pour terminer, voici un extrait de la lettre de janvier 2022 du fameux Vernimmen (le livre de référence en finance d’entreprise) :

Pas plus qu’un retrait à un distributeur automatique de billets ne vous a jamais enrichi, dividendes et rachats d’actions n’ont jamais enrichi les actionnaires, puisque la valeur de leurs actions baisse mécaniquement du même montant dès le versement du dividende.

Pour les rachats d’actions, c’est la valeur des capitaux propres qui baisse du montant du rachat d’actions et la stabilité de la valeur de l’action est obtenue, malgré cela, grâce à la hausse du pourcentage de détention suite à l’annulation des actions rachetées.

Sinon, on ne comprendrait pas comment les deux hommes les plus riches du monde le sont devenus en étant actionnaires d’entreprises qui ne versent pas de dividendes (Elon Musk et Tesla, Jeff Bezos et Amazon).

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53 commentaires

  1. Articles totalement biaisé, dans vos exemples vous vendez au rapidement.

    Si le 30 septembre 2009 j’avais acheté pour 25 000€ d’actions total (25000/40) j’aurais donc acheté 625 actions.

    Je vais prendre 10% de perf par an (même si c’est faux) : 40*0,10 = 4€ par actions soit 24*625 = 2500€

    Dans mon exemple je ne rachète pas de nouvelles actions avec les dividendes obtenues, juste je garde les actions et les dividendes dans ma poches.

    L’action total entre 2009 et 2019 (en partant de 40€) a fait maximum -18% et +37,25% pour au final 10 ans après le 30 septembre 2009, le 30 septembre 2019 46,65€.

    Entre 2009 et 2019 la moyenne du prix de l’action total est de 43€.

    Donc chaque année 10% de 625€ à 43€ = 2687€ par an en moyenne gagné grâce aux dividendes.

    26 870€ en dix ans + la revente des actions 625*46,65 = 29 156€ + 26 870€ de dividendes

    56 026€ soit 31 026€ de bénéfices en dix ans, dividendes annuelles plus bénéfices des actions

    Et même si les actions avaient été vendues à perte, type 35€

    625*35 = 21 875€ on perd donc 3125€ sur le capital de départ mais les dividendes chaque année ont rapportés 26 870€ donc c’est négligeable

    1. Votre calcul est certainement juste. Le propos de mon article est que lors du versement du dividende, le cours baisse de ce même montant, et donc un versement de dividende n’apporte aucun gain net pour l’investisseur. Si on prend en compte impôt et frais de courtage, ça a même un effet néfaste pour le portefeuille de l’investisseur. Pour Total, j’ai pris cette action en exemple car c’est une action très populaires chez les investisseurs dividendes. Pourtant, elle sous-performe le CAC 40. Un investissement dans un ETF CAC 40 aurait été plus performant et moins volatile…

      1. Je complète la phrase pour qu’elle soit correcte :
        “Un investissement dans un ETF CAC 40 aurait été plus performant et moins volatile”… si et seulement si vous vendez vos actions Total le jour du versement du dividende.
        Ce qui est totalement stupide, et d’autant plus faux qu’il arrive que l’action reprenne la valeur du dividende le jour du détachement dudit dividende (exemple avec… Total ce 21/09/2021).

        De plus, vous basez toute votre comparaison Total/CAC sur l’écart actuel entre CAC et Total, qui est au plus haut depuis ces 10 dernières années à en croire le graphique nommé “L’action Total dividendes réinvestis vs le CAC 40 dividendes réinvestis”.
        Cette situation est uniquement valable post-Covid, car on voit bien sur le graphique que les rendements sont égaux voire donnent l’avantage à Total sur les 8 années précédentes… mais bon, j’imagine que ça servait votre discours pour vendre votre formation.

        À cela, on peut rajouter que Total est aujourd’hui sous-valorisée (quid de son rendement vs le CAC si on lui donnait un prix de 41-43€ ?) et la démonstration de Serge ci-dessus.

        Aussi, il aurait été plus qu’utile de préciser qu’un versement de dividende prive une entreprise de budget pour sa croissance (r&d, marketing, compétences, équipements…). C’est pour moi la pierre angulaire du pour/contre les dividendes lorsqu’on investit long terme. Mais encore une fois, l’article souffre d’un biais court-termiste (ce qui est malheureux lorsqu’on analyse une action sur 10 ans).

        1. “si et seulement si vous vendez vos actions Total le jour du versement du dividende” : Justement non, je parle dividendes réinvestis, sans vendre.

          “Les rendements sont égaux voire donnent l’avantage à Total sur les 8 années précédentes” : Ne faisons pas de data mining. Si mon approche était trop court-termiste, prenons la performance maintenant sur 20 ans (date début 23/09/2001, date de fin aujourd’hui). CAC40 GR : +214,84% (+5,90% par an), Total (dividendes réinvestis) : +155,03% (+4,79% par an).

          “J’imagine que ça servait votre discours pour vendre votre formation” : il n’y aucun message de vente de ma formation dans cet article. De quoi parlez-vous ? Je n’ai pas saisi.

          “Aussi, il aurait été plus qu’utile de préciser qu’un versement de dividende prive une entreprise de budget pour sa croissance” : Je suis bien d’accord avec vous. Ce sont souvent les entreprises matures qui versent de plus gros dividendes. Il en reste que le propos de mon article n’est pas l’utilité du versement d’un dividende pour une entreprise, mais l’utilité du dividende du point de vue de l’investisseur. Le but est de rappeler les fondamentaux, ce qu’est un “détachement” (on enlève une partie de la valeur de l’action pour que les actionnaires aient du cash, mais ce n’est pas un gain pour l’investisseur, l’effet est neutre).

          1. Ce principe d’effet neutre peut il s’appliquer aussi aux Reits ou Siic dont le principe il me semble est justement de redistribuer une grande partie des bénéfices aux actionnaires ?

          2. Oui, il s’applique aussi aux REITs et au SIIC. Vous gagnez de l’argent avec les actions non pas grâce aux dividendes mais grâce aux bénéfices de la société

      2. Tout cela n’est que théorique, en pratique le cours des actions baissent après le versement du dividende simplement parce que après s’être rempli les poches certaines personnes revendent l’action !
        Si on vous écoute cela voudrait dire qu’au fill des dividendes le cours d’une action se rapprocherait de zéro !
        Pourquoi se focaliser sur le cours juste après le versement des dividendes ???
        Il remonte après !!!
        Pour être d’aussi mauvaise fois que vous je dirais que les actions value ou sans dividende font perdre de l’argent et je me focalise sur une période de stagnation (comme en ce moment) ou une période de baisse(qui se termine en 2019)….

        1. Oui c’est le cas d’Orange par exemple.
          Mais mon propos n’enlève pas le fait d’une augmentation du prix d’une action tout le reste du temps. Une action à dividende peut donc tout à fait croître. Simplement, toutes choses égales par ailleurs, une action coûtant 100€, augmentant de 10% en 1 an puis versant 10€ de dividende vaudra 100€ à la fin de l’année, versus une action coûtant 100€, augmentant de 10% en 1 an et ne versant pas de dividende vaudra 110€ à la fin de l’année.

  2. J’ai vécu un ascenseur émotionnel en découvrant dans la même heure les actions à dividendes et le fait qu’au final on perdait de l’argent avec (:

        1. Vraiment, je veux te remercier pour tout le travail de qualité que tu as fait pour expliquer toutes ces notions dont beaucoup de gens ont du mal à comprendre,
          dans un second temps, c’est évident qu’on ne gagne pas avec les dividendes … le dividende est un biais cognitif car pour les gens ils croient ce qu’ils peuvent voir concrètement et c’est très difficile de combattre les “préjugés”.

  3. Pour me constituer un capital de départ avec des apports faibles, j’ai misé sur des actions à dividendes croissantes.
    Quelques années après en reinvestissant ces dividendes montées en moyenne à 8% sur le prix d’actions ayant prix de la valeur, j’ai pu acheter des ETF. Maintenant je réinvesti 40% des dividendes sur ces mêmes actions, pour augmenter la “rente” qui me permet de racheter des ETF avec les 50% restant. Et les Exemple sont mals choisis, la croissance de mes d’actions à dividendes surperforme largement le CAC40. Il ne faut pas se cantonner au large caps, comme TOTAL qui n’est pas une aristocrate. Prenez l’exemple de AUBAY pour ne citer que cette valeur, ou encore Thermador, DNX.corp, etc…

    1. Oui, évidemment on peut toujours trouver des “pépites” qui sur-performent. L’article ne parle pas de stock-picking vs investissement indiciel. Le sujet central de l’article est qu’un versement de dividende entraîne systématiquement une chute du cours du même montant. Les dividendes n’enrichissent donc pas les actionnaires, et regarder le rendement en dividende d’une action comme un indicateur de sa performance est erroné.

      Je suis d’accord avec vous sinon, il existe des actions qui sur-performent leur indice (même si Aubray ne fait pas partie du CAC 40 ici). Dans cet article, je parle par contre du fait qu’il est très dur de les dénicher en amont.