Quelle est la définition du trading ? La spéculation boursière est-elle une stratégie intéressante ? Est-il possible d’obtenir des bénéfices à court terme en Bourse ? Autant de questions qu’il est normal de se poser en tant qu’investisseur.
Dans cet article, je vais répondre à ces questions en vous donnant un avis objectif. Je vous parlerai des principes de la spéculation, des risques que vous pouvez courir en utilisant cette méthode et des différences avec un investissement à long terme. Bonne lecture !
Ce contenu est fourni à des fins exclusivement pédagogiques Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, pouvant être partielle ou totale.
Conseil de Matthieu
Définition de la spéculation boursière
Le verbe spéculer vient du latin speculor qui veut dire observer. La spéculation boursière, c’est le fait d’acheter ou de vendre des actifs financiers, comme des actions, des ETF, des obligations, des devises ou des matières premières, dans l’espoir de faire un profit grâce à une variation de prix.
Exemple : vous achetez une part de société à 50 €, car vous pensez que celle-ci va prendre de la valeur. Deux semaines plus tard, elle vaut 60 €. Vous la vendez et gagnez 10 €. Cela s’appelle de la spéculation.
Les personnes faisant de la spéculation boursière cherchent à générer des intérêts à très court terme (quelques secondes, jours ou semaines). Ces personnes consacrent beaucoup d’heures à cette activité. En effet, ils doivent faire des aller-retour sur les marchés financiers. Cette pratique se nomme le trading.
Il en existe plusieurs formes :
- Le day trading (acheter et vendre en une journée).
- Le swing trading (positionnement sur plusieurs semaines).
⚠️ Cette méthode qui vous promet de maximiser vos profits en très peu de temps, comporte énormément de risques et n’est aucunement garantie. Je vous déconseille fortement de faire cela, car il est très peu probable que vous obteniez des bénéfices à court terme en Bourse.
Les stratégies pour devenir spéculateur
Aujourd’hui, un particulier peut devenir un spéculateur en Bourse beaucoup plus facilement qu’autrefois. Il n’a plus besoin d’appeler son banquier ou de passer par une salle de marché. Depuis son ordinateur ou son smartphone, il peut acheter une action, vendre un ETF, miser sur la hausse d’un indice ou utiliser des produits plus complexes, comme les CFD (Contracts For Difference).
Mais cette facilité d’accès peut être trompeuse. Quelques clics suffisent pour prendre position, mais cela ne signifie pas que le danger est faible. La spéculation boursière reste une activité risquée, surtout lorsqu’elle est pratiquée à court terme, avec de l’effet de levier et sans diversifier de votre portefeuille.
Les plateformes de trading
Le moyen le plus visible pour spéculer aujourd’hui est de passer par une plateforme de trading. Il peut s’agir d’une banque en ligne, d’un courtier spécialisé ou d’une application mobile permettant d’acheter et de vendre des instruments financiers.
Ces plateformes donnent accès à différents produits :
- actions ;
- ETF ;
- obligations ;
- devises ;
- matières premières ;
- indices boursiers ;
- produits dérivés comme les options, warrants ou CFD.
L’avantage principal est la simplicité. Le particulier peut ouvrir un compte, déposer de l’argent, consulter les cours en direct et passer des ordres de Bourse. Certaines plateformes proposent également des graphiques, des alertes de prix, des outils d’analyse technique ou des comptes de démonstration.
⚠️ Mais cette simplicité a un revers : elle peut donner l’impression que spéculer est aussi facile que de commander un article en ligne. Or, derrière une interface fluide et colorée, les pertes peuvent être bien réelles. L’AMF (Autorité des Marchés Financiers) informe que les risques sur des produits comme les CFD sont très importants.
Spéculer avec un compte-titres ordinaire
Pour la spéculation boursière, le compte-titres peut servir à acheter une action en espérant la revendre plus cher quelques jours, semaines ou mois plus tard. C’est un outil très utilisé par les particuliers qui souhaitent faire du trading. Il permet d’acheter des actions, des ETF ou certains produits financiers avec une grande liberté. Cette méthode est plus coûteuse que les plateformes en raison des commissions sur les opérations.
⚠️ Cette souplesse est un avantage, mais elle demande aussi de la discipline : plus l’univers d’investissement est large, plus les possibilités d’erreur le sont également.
L’effet levier pour amplifier les gains et les pertes
L’effet de levier peut être utilisé pour la spéculation boursière. Ce dernier consiste à prendre une position supérieure au capital réellement immobilisé. Autrement dit, le particulier peut s’exposer à un montant plus important que la quantité d’argent qu’il possède sur son compte.
Exemple : Avec 1 000 € et un levier x5, un investisseur peut s’engager sur une somme équivalente à 5 000 €. Si le marché monte de 2 %, le gain potentiel est calculé sur 5 000 €, et non sur 1 000 €. Mais si le marché baisse de 2 %, la perte est également amplifiée.
⚠️ C’est le grand piège du levier : il ne multiplie pas seulement les bénéfices, il exacerbe aussi les revers.
Le levier est souvent utilisé avec des produits comme les CFD, les futures, les options ou certains produits dérivés. Les futures sont des produits financiers qui donnent l’occasion d’acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix fixé à l’avance.
Les options sont des produits dérivés qui confèrent à leur acheteur le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé à l’avance, pendant une période déterminée.
Les CFD permettent de spéculer sur la variation d’un actif sans le posséder réellement. On ne devient pas propriétaire d’une action ou d’une matière première : on parie simplement sur l’évolution de son prix.
👉 En Europe, l’effet de levier proposé aux clients particuliers sur les CFD est encadré et plafonné. Par exemple : maximum cinq fois le montant investi pour les actions et deux fois pour les crypto-actifs.
Les produits dérivés
Certains particuliers utilisent aussi des produits dérivés pour la spéculation boursière. Un produit dérivé est un instrument financier dont la valeur dépend d’un autre actif, appelé sous-jacent. Ce sous-jacent peut être une action, un indice, une devise, une matière première ou encore une cryptomonnaie.
Parmi les produits dérivés, on trouve notamment :
- les CFD ;
- les options ;
- les futures ;
- les warrants ;
- les turbos.
Ces articles permettent de miser sur la hausse ou la baisse d’un actif. Ils peuvent aussi être utilisés pour se couvrir contre un risque. Mais dans la pratique, beaucoup de particuliers les emploient à des fins spéculatives.
⚠️Leur fonctionnement est souvent plus complexe que celui d’une action classique. Certains produits peuvent perdre très vite de leur valeur. Certains d’entre eux empruntent un effet de levier important.
⚠️ Ce produit n’est pas adapté à tous les profils d’investisseurs. Son intérêt dépend de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre tolérance au risque.
Le rôle central du courtier
Pour la spéculation boursière, les particuliers passent généralement par un courtier, aussi appelé broker. C’est l’intermédiaire qui transmet les ordres d’achat ou de vente aux marchés financiers.
Le choix du courtier est important. Il faut regarder :
- les frais de courtage ;
- les commissions de change ;
- les spreads ;
- les coûts d’inactivité ;
- les marchés accessibles ;
- la qualité de l’interface ;
- la réglementation ;
- la sécurité des fonds ;
- la clarté des informations fournies.
👉 Un courtier sérieux doit être régulé par une autorité financière reconnue. En France, il est recommandé de se renseigner auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et d’éviter les plateformes non autorisées, trop insistantes sur le plan commercial ou promettant des gains rapides.
Les risques des traders en Bourse
Les dangers de pertes en capital
🎰 La spéculation boursière peut facilement être comparée au loto ou au casino. Certaines personnes arrivent à gagner le gros lot, mais cela reste très rare et cette manière d’investir est extrêmement risquée. 👉 Pour illustrer cela, je vous propose de vous pencher sur une étude réalisée par l’AMF en 2014. L’Autorité des marchés financiers s’est intéressée au trading via les CFD et au Forex (le marché des devises), suite à des plaintes de ses clients. Cette étude s’étale sur une période de quatre ans. Pour cela, 14 799 personnes ont été interrogées.
Voyez plutôt :

Grâce à ce tableau, vous pouvez constater que 89 % des particuliers ont perdu de l’argent durant cette période. Les pertes sont considérables, car elles s’élèvent à -10 887 € en moyenne. En cumulant toutes les pertes des spéculateurs sur ce laps de temps, le montant atteint 161 115 493 €.
Ces pertes concernent-elles les débutants qui manquent d’expérience ? Absolument pas ! L’étude montre que les personnes qui effectuent le plus de transactions sont celles qui perdent le plus. L’expérience ne permet pas d’améliorer ses rendements, au contraire !
Conseil de Matthieu : Les risques de pertes de capital pour la spéculation boursière sont très élevés. Je vous déconseille vivement cet investissement !
La théorie des marchés efficients d’Eugène Fama
Définition de la théorie des marchés efficients
📖La théorie des marchés efficients est une idée centrale en finance moderne, associée à l’économiste américain Eugene Fama. Le prix d’une action n’est pas « au hasard » : il reflète déjà les informations connues par les investisseurs, les analystes, les banques, les fonds, les algorithmes, les médias financiers, etc.
Selon Fama, il est très difficile de battre durablement le marché, car les prix réagissent rapidement aux données récentes.
👉 Exemple : Une entreprise annonce d’excellents résultats. En principe, le cours de son action monte presque immédiatement, car les spéculateurs intègrent cette nouvelle information dans le prix.
C’est pour ça que la théorie des marchés efficients remet en question l’idée selon laquelle on pourrait facilement trouver des actions « évidemment sous-évaluées » ou anticiper les mouvements de marché grâce à des renseignements publics.
Le lien avec la spéculation
Si les prix intègrent déjà l’information disponible, sur quoi repose l’espoir du spéculateur ?
Le trader pense généralement qu’il peut :
- interpréter les données mieux que les autres ;
- réagir plus vite ;
- anticiper un mouvement de marché ;
- repérer une erreur de valorisation ;
- profiter d’un comportement irrationnel des investisseurs concurrents.
Mais la théorie de Fama rappelle que cet avantage est difficile à obtenir. Pour un particulier, cela signifie que spéculer revient souvent à affronter des professionnels de la finance beaucoup plus équipés. Cela augmente les risques en spéculation boursière.
⚠️ Il est nécessaire d’apporter certaines nuances à cette théorie. D’abord, les marchés connaissent parfois des bulles spéculatives, comme celle d’Internet au début des années 2000 ou certaines envolées sur les cryptomonnaies. Ces épisodes illustrent que les prix peuvent s’éloigner fortement de la valeur réelle des actifs.
Ensuite, la finance comportementale a montré que les investisseurs ne sont pas toujours rationnels. Ils peuvent être influencés par :
- la peur ;
- l’euphorie ;
- le mimétisme ;
- l’excès de confiance ;
- l’aversion aux pertes ;
- les effets de mode.
Cela peut provoquer des anomalies de marché, des excès de valorisation ou des paniques injustifiées.
👉 Cette théorie ne signifie pas que les marchés sont parfaits, mais elle rappelle que la spéculation repose sur une hypothèse ambitieuse : penser que l’on peut voir quelque chose que les autres investisseurs (notamment les professionnels) n’ont pas encore détecté. Cela montre encore une fois que la spéculation boursière dépend du hasard et non d’une stratégie réfléchie !
La spéculation en Bourse prend du temps
La spéculation boursière peut également être très chronophage. Contrairement à une stratégie d’investissement à long terme, qui dépend souvent d’un portefeuille diversifié et d’un suivi ponctuel, le trading demande une attention régulière aux marchés. Il faut surveiller les cours, analyser les graphiques, se tenir au courant de l’actualité économique, interpréter les annonces d’entreprises et ajuster ses positions en fonction de l’évolution du marché.
⚠️ Cette activité peut rapidement empiéter sur le temps personnel ou professionnel, surtout lorsque le spéculateur pratique le day trading ou utilise des produits à effet de levier.
🤯Pour un particulier, le risque n’est pas seulement financier : il est aussi mental, car la spéculation peut créer une forme de vigilance permanente, où chaque variation de prix devient une alerte à suivre.
L’investissement : un choix plus judicieux
À la place de la spéculation boursière, je vous conseille d’investir en Bourse sur du long terme en passant par des ETF et non des stratégies comme le stock picking.
Ce qui est très intéressant avec cette stratégie, c’est qu’elle ne demande pas beaucoup de temps. Seules quelques minutes par mois suffisent. La multinationale Fidelity (spécialiste dans la gestion d’actifs) a sorti une étude montrant que les individus qui réussissent le mieux en Bourse sont ceux qui passent le moins de temps à gérer leurs investissements. C’est une première bonne nouvelle, cette méthode n’empiète pas sur votre temps personnel !
Deuxième élément positif : en faisant des placements à long terme, vous diminuez les risques de pertes d’argent. Historiquement, la Bourse a rapporté 6,9 % par an. ⚠️ Cela ne veut pas dire qu’elle produit tous les ans ce pourcentage ! C’est une moyenne géométrique, ce qui signifie que certaines années peuvent être très florissantes et d’autres, catastrophiques. C’est une moyenne sur un temps long.
Il est donc nécessaire de penser votre investissement sur un temps long. Voici un exemple concret qui illustre l’effet de la durée du placement sur l’indice S&P 500 (indice boursier américain qui regroupe les 500 plus grosses entreprises américaines) depuis 1950 :
| Durée du placement | Probabilité de gain | Probabilité de perte |
|---|---|---|
| 1 an | 79 % | 21 % |
| 5 ans | 93 % | 7 % |
| 10 ans | 97 % | 3 % |
| 12 ans | 100 % | 0 % |
Voici un tableau comparatif qui résume les caractéristiques de l’investissement et de la spéculation :
| L’investissement | La spéculation |
|---|---|
| Vision sur du long terme | Vision à court/moyen terme |
| Vous misez sur la croissance réelle d’une entreprise | Vous misez sur la variation des prix |
| Quelques minutes par mois suffisent | Stratégie chronophage |
| Objectif : construire un patrimoine | Objectif : générer un gain rapide |
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
La spéculation boursière n’est pas une pratique que je conseille, en particulier pour les particuliers qui souhaitent construire un patrimoine durable. Elle demande du temps, des connaissances, une forte résistance psychologique et expose à un risque de perte élevé, notamment avec l’effet de levier ou les produits dérivés.
À l’inverse, l’investissement en Bourse sur le long terme me semble être une approche plus raisonnable. Plutôt que de chercher à anticiper les mouvements de marché à court terme, il consiste à investir progressivement, à diversifier ses placements et à laisser le temps jouer son rôle. La Bourse reste risquée, même sur longue période, mais une stratégie patiente, régulière et diversifiée est généralement plus adaptée à un particulier qu’une logique de pari sur les variations de prix.
👉 Si vous aspirez à vous éduquer financièrement, à maîtriser l’art de l’investissement ou à diversifier un portefeuille, je vous invite à vous inscrire à ma formation offerte. Elle vous permettra d’acquérir des bases solides !
⚠️ Ce contenu est fourni à des fins exclusivement pédagogiques, informatives et éducatives. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, pouvant être partiel ou total.