Quelle retraite pour un salaire de 2 000 € net ?

Retraite pension 2 000 euros
Auteur : Matthieu Louvet
Table des matières

Combien toucherez-vous vraiment à la retraite avec un salaire de 2 000 € net par mois ? Un peu plus de 1600 € net mensuel, dans le scénario d’une carrière complète à taux plein. Soit un taux de remplacement voisin de 80 %. Une pension qui créée un « manque à gagner» de près de 400 € chaque mois.

Sur 20 ans de retraite, c’est presque 100 000 € qui font défaut. Cet article vous donne les clés pour comprendre ce qui vous attend ; et surtout, pour agir avant qu’il ne soit trop tard. Au-delà de vous donner le détail des calculs pour comprendre le montant à attendre à la retraite pour un salaire de 2 000 euros net (ou proche), je vous donne mes conseils pour anticiper et investir dès maintenant !

Retraite pour un salaire de 2 000 euros net : ce que vous toucherez vraiment

Pour un salarié du secteur privé, la pension de retraite se compose de 2 piliers distincts :

  • la retraite de base du régime général (Assurance Retraite / CNAV) ;
  • la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO.

Et le montant final lui dépend de 3 paramètres essentiels :

  1. le Salaire Annuel Moyen (SAM) des 25 meilleures années.
  2. le taux de liquidation.
  3. le nombre de trimestres validés.

Notre simulation repose sur le profil d’une personne née en janvier 1963, disposant des 170 trimestres requis pour sa génération et percevant 2 000 € nets en fin de carrière (soit environ 2 554 € bruts, correspondant à 30 648 €/an).

➡️ Nous retenons l’hypothèse d’un salaire progressant au même rythme que l’inflation sur toute la carrière, c’est-à-dire un salaire constant en termes réels. Dans ce cas, les coefficients de revalorisation annuels appliqués par la CNAV aux salaires passés les ramènent au niveau du salaire actuel, ce qui donne un Salaire Annuel Moyen (SAM) égal au salaire brut de fin de carrière, soit 30 648 €. Ce SAM est plafonné au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS, fixé à 46 368 € en 2024), et notre salarié se situe bien en dessous de ce seuil.

La formule de calcul de la retraite de base, inscrite à l’article L351-1 du Code de la Sécurité sociale, est la suivante :

SAM × taux de liquidation × (trimestres validés / trimestres requis).

À taux plein (50 %), avec une carrière complète (170/170), la pension de base brute annuelle s’élève à 15 324 €, soit 1 277 €/mois brut.

La retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par un système de points 💯. Chaque année, la cotisation génératrice de points – calculée au taux contractuel de 6,20 % du salaire brut en Tranche 1 – est divisée par le prix d’achat du point (19,6321 € en 2024). Sur 43 ans de carrière, cela représente 4 162 points accumulés, qui, multipliés par la valeur de service du point (1,4159 € en 2024), donnent une retraite complémentaire annuelle brute de 5 893 €, soit 491 €/mois brut.

La pension nette est soumise aux prélèvements sociaux. Pour la retraite de base : CSG à 8,3 %, CRDS à 0,5 % et CASA à 0,3 %, soit 9,1 % de prélèvements. Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, s’ajoute une cotisation maladie de 1 %, portant le taux à 10,1 %. À noter que les retraités dont les ressources sont inférieures à un certain seuil bénéficient d’une exonération totale ou partielle de CSG ✅.

ComposanteBrut mensuelTaux de prélèvementCotisations socialesNet mensuel
Retraite de base (CNAV)1 277 €9,1 % (CSG 8,3 % + CRDS 0,5 % + CASA 0,3 %)– 116 €1 161 €
Retraite complémentaire (Agirc-Arrco)491 €10,1 % (idem + cotisation maladie 1 %)– 50 €441 €
Total1 768 €– 166 €1 602 €

Source : calcul réalisé à partir des paramètres officiels CNAV et Agirc-Arrco 2024. Profil : salarié du secteur privé, né en janvier 1963, 170 trimestres validés, salaire net de 2 000 € en fin de carrière, hypothèse de carrière à salaire constant en termes réels.

Le Salaire Annuel Moyen retient les 25 meilleures années de salaire brut, plafonnées au PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, soit 46 368 € en 2025). Si votre carrière a connu une progression régulière de 2 % par an, vos premières années tirent mécaniquement le SAM vers le bas. À l’inverse, une carrière à salaire constant favorise un SAM plus élevé. Ce mécanisme explique que les hauts revenus de fin de carrière bénéficient proportionnellement moins de la retraite de base : leur SAM est souvent bien inférieur à leur dernier salaire.

Conseil de Matthieu – Les hauts revenus pas les mieux lotis

Le taux de remplacement pour un salaire de 2 000 euros net

Pour une carrière complète à taux plein, le taux de remplacement – rapport entre la pension nette et le dernier salaire net – s’établit à 80 % pour un salarié à 2 000 € net (toujours selon les données de notre simulation). C’est supérieur à ce que l’on observe chez les hauts revenus 💶, où ce taux peut descendre sous les 60 %, mais bien inférieur au taux de remplacement d’un salarié au SMIC, dont la pension peut atteindre 85 à 90 % grâce au minimum contributif.

Ce mécanisme tient à la structure même du système : la retraite de base est calculée sur le salaire moyen des 25 meilleures années revalorisé selon l’inflation, et non sur le dernier salaire.

➡️ Pour une carrière en progression réelle (augmentations supérieures à l’inflation), le SAM sera inférieur au revenu de fin de carrière, ce qui abaisse mécaniquement le taux de remplacement.

Comparaison de l'évolution de la moyenne des durées de cotisation
Comparaison de l’évolution de la moyenne des durées de cotisation
Les carrières complètes ne sont pas la norme
Les carrières complètes ne sont pas la norme

Ce taux de remplacement de 80 % repose toutefois sur des hypothèses idéales : carrière continue de 20 à 62,5 ans, salaire stable, aucun arrêt. ➡️ La réalité est souvent moins favorable, particulièrement pour les femmes dont les parcours professionnels sont davantage marqués par les interruptions liées aux congés parentaux 👶 et aux temps partiels. On le voit très bien avec les 2 graphiques ci-dessus issus du rapport « Les retraités et les retraites – édition 2025 ».

Situation de carrièreTaux de remplacement estiméPension nette mensuelle estimée
Carrière complète, taux plein (cas de référence)80 %1 602 €
Carrière complète, départ à 67 ans (taux plein auto.)80 %+1 602 € ou +
Carrière incomplète (–10 trimestres, décote)≈ 69 %≈ 1 380 €
Carrière hachée (mi-temps, chômage)55 à 65 %1 100 – 1 300 €
3 enfants ou plus (majoration +10 % base)≈ 84 %≈ 1 718 €

Il est important de souligner que le taux de 80 % s’entend avant impôt sur le revenu. La pension de retraite est en effet imposable selon le barème progressif de l’IR, avec un abattement de 10 % plafonné à 4 321 € par foyer en 2025 (un élément qui était d’ailleurs discuté dans le projet de budget 2026). Pour un retraité célibataire touchant 1 602 € net (hors IR) et sans autres revenus, l’imposition reste généralement modérée, mais elle doit être intégrée dans le calcul du niveau de vie réel.

Les leviers pour améliorer votre pension

Le taux de remplacement et le montant de retraite pour un salaire de 2 000 euros net ne vous satisfont pas ? Sachez que vous avez la possibilité d’utiliser certains « leviers » qui vont améliorer votre pension retraite 👍. Des leviers liés à la durée de travail, à la composition familiale 👪 ou encore au rachat pur et simple de trimestres.

Travailler plus longtemps

La surcote récompense les assurés qui poursuivent leur activité après avoir atteint l’âge légal et le nombre de trimestres requis. Chaque trimestre validé au-delà de ce seuil ouvre droit à une majoration de 1,25 % de la pension de base. ⚠️ Point important : valider des trimestres supplémentaires avant l’âge légal de départ n’ouvre aucun droit à surcote. La bonification ne s’applique qu’aux trimestres validés après cet âge légal.

Avoir une famille nombreuse

Il est possible de profiter d’une bonification de 10 % sur la retraite de base si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants. Sur la complémentaire Agirc-Arrco, la majoration est de 10 % pour les points acquis depuis 2012 et de 5 % pour ceux acquis entre 1999 et 2011. Pour notre salarié à 2 000 € net avec 3 enfants, ce bonus représente environ 116 € net supplémentaires par mois sur la base, portant la pension à environ 1 718 €.

Racheter des trimestres

Le rachat de trimestres (ou « versements pour la retraite ») permet de combler des périodes insuffisamment cotisées, notamment les années d’études supérieures ou les premières années de carrière incomplètes. Le coût varie selon l’âge au moment du rachat et le niveau de revenu. Fiscalement, les sommes versées sont déductibles du revenu imposable, ce qui en réduit l’impact net. Cette option mérite une analyse au cas par cas : elle n’est pas toujours rentable, surtout si le départ à la retraite intervient à 67 ans (taux plein automatique).

Attention aussi aux professions libérales, pour qui le rachat en fin de carrière n’est pas toujours avantageux.

Sachez qu’il existe, à l’opposé des leviers que nous venons des voir, des minima pour vous garantir un certain niveau de pension retraite.

  • Le minimum contributif (MiCo) s’adresse aux assurés du régime général ayant validé suffisamment de trimestres. Depuis la réforme de 2023, il a été revalorisé : le MiCo de base s’établit à environ 847 € brut par mois, et le MiCo majoré (accordé aux assurés justifiant d’une durée d’assurance suffisante cotisée) atteint environ 1 015 € brut mensuel.
  • L’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA), anciennement « minimum vieillesse », est quant à elle une prestation différentielle soumise à conditions de ressources. En 2025, son plafond est fixé à 1 012,02 € par mois pour une personne seule. Elle est récupérable sur succession au-delà d’un actif net de 100 000 €.
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Avant tout rachat de trimestres ou décision de prolonger votre carrière pour obtenir une surcote, consultez votre Relevé de Situation Individuelle (RIS) sur info-retraite.fr. Il recense l’ensemble de vos droits acquis dans tous les régimes. Le simulateur M@rel, disponible sur le même portail, vous permettra d’estimer votre pension selon différents scénarios de départ. Ces outils sont gratuits et indispensables pour prendre des décisions éclairées.

Conseil de Matthieu – Simulez avant d’agir

Combien épargner pour conserver 2 000 € net à la retraite ?

Le constat est posé : avec 2 000 € nets en activité et une pension de 1 602 € nets à la retraite, le manque s’élève à environ 400 € par mois, soit 4 800 € par an. Sur une retraite de 25 ans (de 63 à 88 ans, espérance de vie moyenne), c’est un besoin de financement cumulé d’environ 120 000 €, sans tenir compte de l’inflation.

Mais constituer ce capital ne signifie pas le laisser dormir sur un livret A. Si ce capital continue à être investi et à fructifier pendant toute votre retraite, il peut générer lui-même des revenus qui participent au financement de votre complément. C’est ce que l’on appelle la phase de décaissement : vous retirez progressivement votre épargne tout en la laissant partiellement investie.

Le tableau ci-dessous répond à la question suivante : quel capital faut-il avoir constitué le jour de votre départ à la retraite pour pouvoir vous verser 400 € supplémentaires chaque mois pendant 25 ans, selon le rendement que continue à produire ce capital une fois à la retraite ?

Complément mensuel viséDurée de la retraiteRendement annuel du capital pendant la retraiteCapital à avoir constitué au départ
400 €/mois25 ans3 %≈ 84 000 €
400 €/mois25 ans4 %≈ 76 000 €
400 €/mois25 ans5 %≈ 68 000 €

Lecture : pour vous verser 400 € de plus chaque mois pendant 25 ans, il vous faut environ 76 000 € si votre capital rapporte encore 4 % par an une fois à la retraite (placement en fonds euros, SCPI, obligations, etc.). Plus le rendement est élevé, moins le capital de départ nécessaire est important. À 0 % de rendement, il vous faudrait 120 000 € (400 × 12 × 25).

Reste maintenant la question clé : comment constituer ce capital avant votre départ ? C’est la phase d’accumulation 💰, distincte de la phase de décaissement. Ici, c’est la durée d’épargne et le rendement de vos placements pendant votre vie active qui jouent.

En retenant l’objectif central de 76 000 € (hypothèse à 4 % de rendement pendant la retraite) et un rendement de 5 % par an en phase d’accumulation – cohérent avec un portefeuille diversifié en ETF monde sur le long terme – voici l’effort mensuel requis selon l’âge auquel vous commencez.

Âge de début d’épargneDurée d’accumulationMensualité à investir (à 5 %/an)
35 ans28 ans≈ 112 €/mois
40 ans23 ans≈ 153 €/mois
45 ans18 ans≈ 226 €/mois
50 ans13 ans≈ 359 €/mois
55 ans8 ans≈ 670 €/mois

Ces chiffres illustrent avec une clarté saisissante la mécanique des intérêts composés. Attendre l’âge de 55 ans pour commencer à épargner multiplie l’effort mensuel par près de 6 par rapport à un démarrage à 35 ans. Le tout pour arriver exactement au même résultat. Ce n’est pas une question de discipline ou de sacrifice : c’est une réalité mathématique. Le temps est le seul actif que l’on ne peut pas racheter.

⚠️ Ces éléments doivent être mis en perspective avec les risques associés à ce type d’investissement. Les revenus ne sont ni garantis ni constants et la valeur des actifs peut évoluer à la hausse comme à la baisse.

Une règle pratique est retenue par de nombreux CGP : consacrer entre 10 et 15 % de ses revenus nets à l’épargne retraite. Pour un salaire de 2 000 €, cela représente entre 200 et 300 € par mois. Un effort accessible si l’on commence tôt. Cette règle n’est pas une vérité absolue, mais elle constitue un point de départ sain et permet de bâtir une discipline d’épargne durable.

Conseil de Matthieu – La règle des 10 à 15 %

Les enveloppes pour compléter sa retraite : choisir le bon outil

Vous commencez à le comprendre, il va falloir trouver des enveloppes 🗁 sur lesquelles placer votre épargne pour créer ce complément de retraite individuel. Bonne nouvelle, plusieurs produits existent et correspondent à différents objectifs et moments de vie.

Le Plan d’Épargne Retraite (PER)

Le PER, c’est l’enveloppe la plus directement dédiée à l’objectif de la retraite. Tout est dans le nom. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels nets (plafond 2025 : 35 194 €, plancher : 4 114 €). Pour un contribuable imposé à la tranche marginale de 30 %, chaque tranche de 1 000 € versée génère 300 € d’économie d’impôt immédiate.

À la sortie, c’est-à-dire au moment de la retraite, le capital est imposé au barème de l’IR, mais généralement dans une tranche inférieure.

👉 Le PER est particulièrement efficace lorsque la TMI baisse significativement à la retraite. Sa mécanique est simple : les versements sont déductibles du revenu imposable aujourd’hui, et fiscalisés à la sortie. Si un contribuable verse avec une TMI à 41 % et retire ses fonds à 11 %, il réalise un gain fiscal net de 30 centimes par euro investi. L’avantage est donc proportionnel à l’écart entre les 2 tranches.

À l’inverse, pour un contribuable déjà à 11 % de TMI, le bénéfice est limité puisque la marge de progression à la baisse reste faible. D’autres enveloppes comme l’assurance-vie peuvent alors s’avérer plus adaptées.

Le PER offre néanmoins une souplesse notable : il est possible de renoncer à la déduction à l’entrée, reportant ainsi l’avantage fiscal à la sortie. Cette flexibilité en fait un outil modulable, adaptable à des profils fiscaux très variés.

L’assurance-vie

L’assurance-vie reste incontournable pour sa souplesse et ses avantages successoraux. Elle n’offre pas de déduction à l’entrée, mais bénéficie d’une fiscalité allégée sur les gains après 8 ans de détention : abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple), puis taxation au taux forfaitaire de 7,5 % au-delà pour les versements inférieurs à 150 000 €. Elle permet aussi d’accéder à une plus grande diversité de classes d’actifs.

En cas de décès, elle permet de transmettre 152 500 € par bénéficiaire en exonération de droits (pour les versements avant 70 ans).

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA)

S’exposer aux marchés actions avec une fiscalité optimisée dans l’optique de préparer sa retraite, c’est possible. Sur le PEA, après 5 ans de détention, les retraits sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu (seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus).

Plafonné à 150 000 € de versements, c’est l’enveloppe idéale pour capitaliser sur la croissance long terme des marchés, à condition d’accepter la volatilité inhérente.

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)

Autre solution, les SCPI. Elles permettent de détenir des parts d’immobilier et d’accéder à des actifs très difficiles à acquérir en direct individuellement (immeubles de bureaux, entrepôts, hôtels, établissements de santé, commerces, etc.). Le tout avec une gestion directe assurée par la société émettrice de la SCPI. Avec des taux de distribution généralement compris entre 4 et 6 % par an, les SCPI peuvent constituer une source de revenus complémentaires réguliers. Elles peuvent être logées en assurance-vie ou en PER pour bénéficier d’un cadre fiscal avantageux.

👉 Pour une approche complète des stratégies de préparation retraite, notre guide Préparer sa retraite financièrement en 5 conseils vous propose une méthodologie structurée pour aborder sereinement cette transition.

Commencez tôt à préparer votre retraite

Quand commencer à épargner pour sa retraite ? La réponse tient en un mot : maintenant. Pas dans 10 ans quand le crédit immobilier 🏘️ sera remboursé, pas quand les enfants seront autonomes, pas quand le salaire aura augmenté. Maintenant. Car la retraite est le seul objectif financier pour lequel le facteur temps est à la fois le plus puissant et le plus irremplaçable.

La mécanique des intérêts composés : pourquoi le temps bat toujours le montant

Un capital investi ne grossit pas de façon linéaire : il croît de façon exponentielle, car chaque année, les intérêts générés produisent eux-mêmes des intérêts. C’est ce qu’Albert Einstein aurait qualifié de « huitième merveille du monde ». C’est le principe fondateur de toute stratégie d’épargne longue.

Puissance des intérets composés

Prenons un exemple concret. L’exemple évoqué plus haut pour générer un complément de revenus à la retraite. Vous investissez 112 € par mois à partir de 35 ans, avec un rendement annuel moyen de 5 % (cohérent avec un portefeuille en ETF monde sur le long terme) :

  • À 63 ans, après 28 ans d’épargne, vous avez versé 37 632 € au total.
  • Votre capital accumulé atteint ≈ 76 000 €.
  • Les intérêts composés ont donc généré ≈ 38 000 € supplémentaires, presque autant que ce que vous avez versé de votre poche.

Attendez 20 ans de plus, et commencez à 55 ans : il vous faudra verser 670 € par mois pour atteindre le même résultat. Soit 6 fois plus d’effort, pour exactement le même capital final. La différence ? 20 années de croissance exponentielle perdues, que nul versement ne peut compenser.

⚠️ Ces éléments doivent être mis en perspective avec les risques associés à ce type d’investissement. Les revenus ne sont ni garantis ni constants et la valeur des actifs peut évoluer à la hausse comme à la baisse.

La stratégie des « étages » : combiner les enveloppes

La meilleure approche pour un salarié à 2 000 € nets n’est pas de choisir entre les enveloppes que j’ai évoqué, mais de les combiner selon leur fonction :

  • PEA → croissance de long terme, actions mondiales, fiscalité optimale à la sortie ;
  • Assurance-vie → réserve de précaution investie, transmission, souplesse ;
  • PER → réduction fiscale immédiate si TMI ≥ 30 %, capital retraite dédié.

Une allocation simple et efficace pour quelqu’un qui commence à 35-40 ans peut être la suivante : 60 % PEA / 30 % assurance-vie / 10 % PER, ajustable selon la situation fiscale et familiale. L’essentiel est de commencer, même modestement, plutôt d’attendre la combinaison parfaite. Attention toutefois avec le PEA si vous vous lancez dans une stratégie de stock-picking, ce que je ne recommande pas, vous le savez.

Vous le savez, je vous donne ici des principes, mais rien ne remplace le conseil personnalisé.

Le mouvement FIRE : des principes applicables à tous

Le mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early), né aux États-Unis dans les années 1990, a popularisé l’idée que l’indépendance financière est une discipline accessible, pas un privilège de classe. Son principe central : le taux d’épargne est le levier numéro un de la liberté financière — bien plus que le niveau de revenu. Nous avons consacré un article complet à la question de la retraite anticipée et du mouvement FIRE.

Si l’objectif de retraite à 40 ans reste une niche, 3 de ses principes sont universellement applicables, y compris pour un salarié à 2 000 € nets :

  1. Investir en priorité dans des actifs productifs, pas dans des actifs de consommation. Un ETF monde génère des intérêts composés. Une voiture financée à crédit fait l’inverse.
  2. Automatiser l’épargne dès réception du salaire, avant toute dépense. Ce qui n’est pas vu n’est pas dépensé.
  3. Ignorer le bruit de court terme. Les marchés baissent, remontent, traversent des crises. Sur 25 ans, le MSCI World n’a jamais produit de performance négative sur aucune fenêtre de 20 ans consécutifs.

Le temps est votre ennemi. Pour se constituer un petit trésor de guerre à utiliser à la retraite, la fenêtre de tir se ferme lentement, mais elle se ferme avec le temps.

L’une des erreurs les plus répandues est d’attendre le « bon moment » pour commencer à épargner pour la retraite. C’est un moment qui arrive rarement de lui-même. Or, les marchés financiers récompensent la durée, pas le montant. 50 euros investis à 35 ans valent plus à terme que 200 euros investis à 55 ans. La régularité prime toujours sur l’opportunisme.

Conseil de Matthieu – Ne pas attendre d’avoir « assez »

Avec un salaire de 2 000 € nets, la pension attendue à la retraite s’établit à environ 1 600 € nets par mois dans le meilleur des scénarios, avec une carrière complète, sans interruption, à taux plein. L’écart avec votre niveau de vie actuel sera réel : environ 400 € par mois. Ce n’est pas une fatalité.

➡️ Les enveloppes existent, les règles sont claires, et les projections sont accessibles à tous. Ce qui manque le plus souvent, c’est la décision de commencer. Aujourd’hui, pas demain. Car en matière de retraite comme en matière d’investissement, le temps perdu ne se rachète pas, du moins, pas sans effort considérablement plus important.

Chaque situation étant unique, il est recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine indépendant pour une analyse personnalisée, intégrant votre régime de retraite, votre profil fiscal et vos objectifs de niveau de vie à la retraite.

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FAQ

Nous répondons à vos questions les plus fréquentes !

Oui, sous conditions. La retraite anticipée pour carrière longue est accessible aux assurés ayant commencé à travailler tôt et justifiant d’un nombre de trimestres supérieur au minimum requis. Des dispositifs spécifiques existent également pour les assurés reconnus inaptes ou invalides. À l’inverse, partir avant l’âge légal sans les trimestres requis entraîne une décote de 0,625 point par trimestre manquant, ce qui peut réduire significativement la pension.

Pas nécessairement. Le PER est très avantageux pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition (TMI) est de 30 % ou plus en activité, et qui anticipent une TMI inférieure à la retraite. Pour les contribuables non imposables ou faiblement imposés, la déduction fiscale à l’entrée est limitée : l’assurance-vie ou le PEA peuvent alors offrir plus de souplesse et des avantages comparables, sans contrainte de blocage jusqu’à la retraite. La réponse dépend toujours de la situation fiscale individuelle.

Les années de chômage indemnisé permettent de valider des trimestres, mais les périodes de chômage non indemnisé n’ouvrent pas de droits. Le temps partiel peut avoir 2 effets négatifs : il réduit le SAM des 25 meilleures années et peut compliquer la validation de trimestres (4 trimestres sont validés pour une rémunération brute annuelle d’au moins 150 fois le SMIC horaire). Une simulation sur M@rel (info-retraite.fr) permet d’évaluer précisément l’impact de ces périodes sur votre future pension.

Cela dépend de votre situation. Chaque trimestre validé après l’âge légal de départ – et au-delà du nombre de trimestres requis – génère une surcote de 1,25 % sur la pension de base. Travailler 2 ans de plus, soit 8 trimestres supplémentaires, augmente ainsi la pension de base de 10 %. Pour un salarié dont la pension de base s’établit à 1 224 € brut, cela représente environ 122 € bruts mensuels supplémentaires. C’est un calcul à mettre en regard de la valeur personnelle et financière de ces 2 années supplémentaires d’activité.

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