SCI ou SCPI : quel est le meilleur choix ?

SCI vs SCPI
Auteur : Matthieu Louvet
Table des matières

Le marché de l’investissement immobilier français est dynamique. Après de nombreuses baisses de valeurs de parts, et des difficultés pour plusieurs véhicules lors de l’après Covid-19, le marché des SCPI voit sa collecte repartir à la hausse. Les créations de SCI, elles, continuent d’être importantes (un peu plus de 10 % du total des immatriculations enregistrées par les greffes), portées par des avantages fiscaux et patrimoniaux qui restent attractifs. Cette évolution répond aux besoins distincts des épargnants : certains privilégient les solutions clés en main, d’autres préfèrent conserver la maîtrise totale de leur patrimoine immobilier.

Au-delà des similitudes apparentes – notamment leur forme juridique de société civile – ces 2 solutions d’investissement répondent à des logiques distinctes. Une SCI offre un contrôle total mais exige une implication constante, quand les parts de SCPI proposent une gestion déléguée mais avec une marge de manœuvre limitée. Un choix qui engage sur le long terme et mérite une analyse approfondie des avantages et contraintes de chaque option. Alors, SCI ou SCPI, je vous aide à choisir… ou à investir dans les 2 !

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité et de variabilité des revenus.

Conseil de Matthieu

La SCI : restez aux commandes de votre investissement immobilier

La Société Civile Immobilière (SCI) est une structure juridique qui permet à plusieurs personnes d’acheter et de gérer ensemble un ou plusieurs biens immobiliers. Créée par au minimum 2 associés (souvent des membres d’une même famille), la SCI détient les biens en son nom propre, tandis que les associés possèdent des parts sociales représentant leurs droits dans la société.

👉 Concrètement, imaginez 3 frères qui héritent de 150 000 € chacun (un peu plus que dans le film éponyme, j’espère que vous l’avez vu). Plutôt que d’acheter 3 studios séparés, ils créent une SCI avec 450 000 € de capital, acquièrent un immeuble de rapport à Bordeaux avec 4 appartements, et se répartissent les parts à égalité. Chacun détient 33,3 % de la SCI, qui elle-même possède l’immeuble. Les loyers tombent sur le compte de la SCI, qui les redistribue ou les réinvestit selon la stratégie décidée en assemblée générale 💶.

Cette « mini-entreprise » familiale qu’est la SCI existe depuis 1804 dans le Code civil français. La SCI peut acquérir tous types de biens : appartements, maisons, bureaux, locaux commerciaux, terrains constructibles, ou même des forêts.

Une SCI est particulièrement pertinente pour les familles qui souhaitent préparer leur transmission patrimoniale. En donnant progressivement des parts à vos enfants, vous pouvez bénéficier des abattements fiscaux (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans) tout en conservant la gestion du bien via votre statut de gérant.

Conseil de Matthieu – La SCI est un outil patrimonial

Ce qui rend la SCI pertinente (quand on aime contrôler)

La premier atout avec une SCI est la liberté de gestion totale. Vous choisissez les biens dans lesquels vous investissez, vous négociez les prix, vous sélectionnez si vous le souhaitez les locataires selon vos critères et décidez des travaux à l’euro près. Vous voulez installer du parquet massif plutôt que du stratifié ? Louer en meublé ou en nu ? Privilégier des locataires jeunes actifs ou retraités ? Tout est entre vos mains. Cette maîtrise complète séduit les investisseurs qui détestent dépendre d’une société de gestion anonyme. En clair, vous êtes le capitaine du navire 🛥️.

Autre atout de la SCI, la fiscalité qui s’applique. Avec votre SCI, vous pouvez opter pour l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS), et cette option change radicalement votre stratégie.

  • À l’IR, les revenus locatifs sont imposés dans votre tranche marginale (jusqu’à 45 % + 17,2 % de prélèvements sociaux pour les hauts revenus) au prorata des parts que vous possédez. Vous bénéficiez d’un régime favorable à la revente avec un abattement progressif après 22 ans de détention.
  • À l’IS, vous payez 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices puis 25 % au-delà. Vous pouvez déduire 100 % des intérêts d'emprunt (contre environ 85 % à l’IR selon la durée du prêt), amortir le bien sur 20 à 40 ans, et même vous verser un salaire de gérant. A la revente, la plus-value sera taxée à l’IS (environ 25 %), sans abattement pour durée de détention.

La SCI est aussi un outil de transmission patrimoniale redoutable. Elle facilite la transmission de votre patrimoine immobilier sans créer de conflits familiaux. Du moins en les limitant. Je m’explique. Plutôt que de léguer un appartement à 3 enfants en indivision (source quasi garantie de disputes sur la vente ❌, les travaux ou les locataires), vous transmettez des parts de SCI dont les statuts encadrent les règles de gestion et de sortie.

Mieux encore, vous pouvez donner progressivement des parts tout en gardant le contrôle. Prenons un exemple concret : vous créez une SCI avec un bien de 600 000 €, vous donnez 100 000 € de parts à chacun de vos 2 enfants (soit 33 % du capital) tous les 15 ans pour profiter de l’abattement fiscal (100 000 € par parent et par enfant). Résultat, au bout de 30 ans, vos enfants 👶 possèdent 66 % de la SCI sans avoir payé un euro de droits de donation, et vous restez gérant avec tous les pouvoirs tant que les statuts le prévoient.

Autre point, sachez que le fait d’investir au travers d’une SCI peut devenir un atout face aux banques 🏦. Certains établissements de crédit apprécient ces structures car la SCI constitue une sorte d’enveloppe avec des garanties propres. Si vous investissez à plusieurs, le risque sera dilué pour l’organisme prêteur. L’effet de levier du crédit peut ainsi être maximisé.

Ce qu’on ne vous dit pas toujours sur la SCI

Créer une SCI, c’est exactement comme créer une entreprise. Vous devez rédiger des statuts en définissant précisément l’objet social, les apports de chaque associé, les règles de majorité, les clauses d’agrément. Vous devez ensuite publier toutes ces informations dans un journal d’annonces légales puis déclarer la société sur le guichet unique des formalités d’entreprises avec un dossier complet (formulaire M0, pièces d’identité, justificatifs de siège social, attestation de parution, etc.). Complexe ? Un peu, il faut le reconnaître.

Ensuite, chaque année, vous devrez convoquer une assemblée générale avec procès-verbal, tenir une comptabilité (même simplifiée pour les SCI à l’IR), et produire une liasse fiscale. Sans formation juridique, c’est un labyrinthe administratif qui effraie de nombreux candidats à la création.

Sachez également que le coût annuel grignote la rentabilité. Car au-delà de la création, la SCI engendre des frais récurrents souvent sous-estimés. Pour une SCI familiale simple à l’IR, comptez 500 à 800 € par an pour un expert-comptable qui tiendra votre comptabilité simplifiée et produira la liasse fiscale. Si vous optez pour l’IS, la comptabilité devient obligatoirement plus complexe (avec bilan, compte de résultat, annexes), et les honoraires grimpent parfois en conséquence. Certaines experts-comptables proposent une somme forfaitaire, d’autres appliquent un prix « à la ligne », selon le nombreux d’opérations à traiter.

Être propriétaire via une SCI, c’est devenir chef d’entreprise. Selon votre degré d’implication, vous assumez la recherche de locataires, la gestion des impayés, l’organisation des travaux, le suivi des charges, la déclaration fiscale annuelle, et la tenue de la comptabilité.

⚠️ Attention aussi à l’illiquidité qui peut vous piéger. Revendre des parts de SCI ne se fait pas comme la revente d’une action (vendue en 3 clics) ou même d’une part de SCPI (quelques semaines sur le marché secondaire). Il faut souvent revendre les biens pour sortir d’une SCI, ou gérer l’arrivée d’autres associés. Pas simple.

Enfin, la SCI apporte un risque de concentration maximum. Avec une SCI, vous investissez généralement dans un ou 2 biens maximum. Peut-être pouvez-vous acquérir des bureaux pour votre activité. Ainsi, lorsqu’un locataire part, la vacance amène à une perte directe de rendement. Si vous occupez un bien avec votre entreprise, et que vous avez des difficultés, vous pouvez vous retrouver à cumuler les ennuis : moins d’entrées d’argent, et l’impossibilité de rembourser le crédit. La concentration est aussi souvent locale, par exemple avec un ou plusieurs biens acquis à proximité de votre résidence principale. Pratique pour la gestion, mais catastrophique pour la diversification.

✅ Avantages❌ Inconvénients
Maîtrise totale du patrimoine (choix des biens, travaux, locataires, stratégie).Gestion active obligatoire (comptabilité, déclarations fiscales, gestion locative à assurer).
Évite l’indivision car chacun détient des parts de société, pas une quote-part du bien.Coûts de fonctionnement importants (expert-comptable, frais administratifs, formalités).
Transmission facilitée avec donation progressive de parts, démembrement possible, soulte évitée.Responsabilité illimitée des associés sur leurs biens personnels en cas de dettes de la SCI.
Flexibilité fiscale via le choix entre impôt sur le revenu (IR) ou impôt sur les sociétés (IS) selon la stratégie.Illiquidité réelle, avec difficulté à céder ses parts, surtout si désaccord entre associés.
Séparation entre patrimoine personnel et immobilier détenu par la SCI.Capital de départ élevé souvent nécessaire avec achat d’un bien entier.
Souplesse de gestion familiale, on peut associer conjoints, enfants, parents dans un cadre structuré.Formalisme juridique contraignant (statuts, PV d’AG, respect des règles de fonctionnement).
Effet de levier possible via crédit bancaire pour maximiser la rentabilité.Risque locatif concentré avec vacance locative et impayés à gérer directement (pas de mutualisation).
Choix stratégiques possibles pour faire monter la valeur du patrimoine.Engagement à long terme (difficile de sortir rapidement, surtout si mésentente entre associés).

La SCPI : l’immobilier en mode « passager premium »

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) sont la définition de l’investissement immobilier « clé en main ». Vous achetez des parts d’une société qui possède un parc immobilier la plupart du temps diversifié (bureaux, commerces, résidences, entrepôts logistiques, résidences étudiantes, etc.), géré par une société de gestion professionnelle agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).

Chaque trimestre, vous percevez des dividendes proportionnels à vos parts, correspondant aux loyers collectés nets de frais de gestion (de 8 à 12 % généralement) et de charges. Pas de gestion locative, pas de travaux à superviser, pas de comptabilité à tenir : vous êtes un investisseur 100 % passif qui délègue l’exploitation à des équipes dédiées de la société de gestion.

SCI ou SCPI : le détail des rendements à attendre avec les SCPI
Le taux de distribution des SCPI est toujours au-dessus de 4 % depuis 10 ans

Comme je l’explique dans mon guide complet sur les SCPI, ce placement permet d’accéder à l’immobilier professionnel avec des tickets d’entrée dérisoires. Un particulier seul ne pourrait jamais acheter un immeuble de bureaux de 15 millions d’euros dans le VIIIe arrondissement de Paris, mais via une SCPI, il en détient une fraction infime et touche sa part de loyers proportionnellement.

Les SCPI sont souvent présentées comme un placement sans risque, ce qui est trompeur. Les revenus ne sont ni garantis ni constants. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. En 2023, certaines SCPI ont vu leurs distributions baisser du fait d’une vacance en hausse, et d’une dévalorisation de certains actifs. Il faut investir en SCPI avec un horizon long terme (8-10 ans minimum) et ne pas compter sur ces revenus pour votre budget mensuel.

Conseil de Matthieu – Les SCPI ne sont pas exemptes de risques

Ces atouts qui font des SCPI un placement attractif

Le premier argument, qui est d’ailleurs largement brocardé par les sociétés de gestion, ce que vous n’avez strictement rien à faire, et je pèse mes mots. La société de gestion s’occupe de tout : sourcing et acquisition des biens, recherche et sélection de locataires professionnels (entreprises, commerces, administrations), négociation des baux commerciaux (durée 3/6/9 ans généralement), gestion des travaux de rénovation et de mise aux normes, optimisation fiscale et juridique, pilotage des arbitrages (revente d’actifs sous-performants). Vous accédez à une gestion 100 % déléguée (et c’est rare dans l’immobilier).

Les sociétés de gestion emploient des équipes spécialisées : asset managers (qui pilotent la stratégie d’investissement et sélectionnent les actifs), géomètres et experts immobiliers (qui évaluent les biens avant achat), juristes spécialisés en droit immobilier (qui négocient les baux commerciaux et sécurisent les montages), comptables et contrôleurs de gestion (qui optimisent les flux financiers), gestionnaires locatifs (qui supervisent les relations avec les 500+ locataires).

Le ticket d’entrée est accessible à tous les budgets. Là où une SCI implique d’acheter un bien entier, vous pouvez investir en SCPI dès 200 € voire même moins. Le prix d’une part de SCPI varie entre 150 € et 1 200 € selon les sociétés de gestion, avec parfois un nombre de parts minimum à souscrire. Cette accessibilité permet aux jeunes actifs, aux étudiants et aux épargnants modestes d’accéder à la pierre papier.

Vous recevez vos loyers nets chaque trimestre sur votre compte bancaire 💶, accompagnés d’un relevé 📄 détaillant la performance de la SCPI. Zéro appel téléphonique d’un locataire à 22 heures pour une fuite d’eau. Zéro samedi matin à visiter un appartement avec 12 candidats. Zéro négociation d’un devis de plombier. C’est l’investissement immobilier le plus passif qui existe, au point que certains épargnants oublient même qu’ils possèdent des SCPI jusqu’à recevoir leur IFU fiscal en janvier. Les dividendes qui tombent sur le compte, c’est toujours un bon moment 🥲.

Les SCPI apportent aussi une diversification exceptionnelle que vous ne pourriez jamais répliquer seul. Une SCPI peut détenir de entre 50 actifs (pour les plus petites) et 600 biens (pour les mastodontes), répartis sur 15 à 80 villes françaises et parfois européennes. Certaines SCPI investissent en Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Irlande, créant une diversification géographique rare.

Prenons l’exemple de la SCPI Corum Origin : en y investissant, vous détenez une fraction de 167 immeubles répartis dans 13 pays européens (France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Italie ou encore Finlande par exemple), sur 7 typologies (bureaux, commerces, hôtellerie ou même santé).

La performance détaillée de la SCPI Corum Origin
La performance détaillée de la SCPI Corum Origin

Cette mutualisation du risque locatif est tout simplement impossible à reproduire en direct, même avec un patrimoine de plusieurs millions. Si une entreprise quitte son entrepôt logistique, l’impact sur votre rendement ne représentera pas plus de 1 %. Avec une SCI, perdre votre unique locataire, c’est -100 % de revenus du jour au lendemain.

Autre atout des SCPI, une liquidité relative (mais supérieure à tout autre immobilier). Contrairement à une SCI où vous êtes piégé pendant des années, vous pouvez vendre vos parts de SCPI relativement facilement grâce au marché secondaire organisé par les sociétés de gestion. Je modère tout de même car cette liquidité varie grandement d’une SCPI à une autre. Lorsqu’une SCPI essuie des difficultés, et que plusieurs associés veulent vendre en même temps, il est fréquent de voir les délais se rallonger ⏳. Dans des cas extrêmes de décollecte, il faut procéder au démantèlement de la SCPI, pour rembourser les associés qui veulent sortir 🪂.

Parlons des performances. Les rendements sont historiquement attractifs (mais pas garantis). La performance moyenne des SCPI a toujours été au-dessus des 4 % comme le montrent les chiffres de l’ASPIM. Sur le long terme, les SCPI affichent des taux de distribution moyens qui peuvent osciller entre 4 et 5,5 % nets de frais de gestion, parfois davantage pour certaines SCPI. Le rendement moyen du marché en 2024 s’est établi à 4,72 %, en légère hausse par rapport aux 4,52 % de 2023.

👉 Ces performances régulières séduisent les investisseurs en quête de revenus complémentaires pour compenser une retraite modeste, financer les études des enfants, ou simplement générer un cash-flow positif. Mais attention aux illusions : ce taux de distribution n’est ni garanti ni constant.

Les limites propres aux SCPI

Une gestion déléguée, de l’expertise, une souscription accessible et simplifié, le tout avec de la performance. Le tableau est séduisant, mais il ne doit pas vous faire oublier certaines limites ❌.

A commencer par le sujet des frais. Certaines SCPI affichent des frais d’entrée significatifs. Vous devez payer généralement entre 8 et 12 % de frais de souscription, qui seront ponctionnés au moment de la revente. Il faut y ajouter des frais de gestion annuels ; chaque année, la société de gestion prélève entre 8 et 12 % des loyers collectés pour rémunérer ses services. Ces frais sont déduits avant la distribution des dividendes. Contrairement aux frais de souscription (payés une seule fois), les frais de gestion pèsent durablement sur votre performance. C’est la contrepartie de la délégation à 100 %.

Et justement, cette délégation, cette confiance que vous accordez, est-ce toujours positif ? Vous allez devoir vous adapter à une réalité : vous n’avez aucun contrôle sur la gestion. Vous ne choisissez ni les biens achetés, ni les locataires, ni la stratégie d’investissement. Cette délégation totale peut frustrer les investisseurs qui aiment maîtriser leurs placements. Vous dépendez entièrement de la compétence de la société de gestion. D’où l’importance de bien choisir la SCPI avant d’investir, en s’intéressant notamment à la société de gestion qui s’en occupe.

Comme pour une SCI, le risque de dépréciation du capital existe. Le prix de vos parts peut baisser si le marché immobilier se retourne ou si la SCPI subit des départs massifs de locataires. En période de crise (comme en 2020-2021), certaines SCPI ont vu leur prix de part diminuer fortement 🔻. D’ailleurs, je le répète ici, votre capital n’est jamais garanti.

Attention à la fiscalité peu flexible. Les revenus de SCPI sont imposés comme des revenus fonciers, dans votre tranche marginale d’imposition, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un contribuable fortement imposé, la fiscalité peut gratter une partie importante du rendement. L’optimisation fiscale via une SCI à l’IS peut s’avérer plus avantageuse dans certains cas, voir le logement des parts en assurance-vie. Attention, il faut pour cela bien se renseigner en amont, toutes les SCPI n’y étant pas éligibles, et les loyers étant parfois diminués d’une surcouche de frais.

✅ Avantages❌ Inconvénients
Revenus potentiellement réguliers (loyers versés généralement chaque trimestre).Loyers non garantis (vacance locative, impayés possibles).
Placement sans contrainte de gestion (la société s’occupe des locataires, travaux, fiscalité).Moins liquide que des placements financiers (délai pour revendre ses parts).
Diversification importante (plusieurs biens, secteurs, locataires).Valeur des parts susceptible de baisser si le marché immobilier recule.
Accessibilité : quelques milliers d’euros suffisent pour investir.Risque de mauvaise allocation si le portefeuille est mal construit.
Historique solide (produit existant depuis les années 70, régulé par l’AMF).Rendement attractif mais pas garanti, contrairement à un fonds en euros par exemple.
Transmission facilitée (les héritiers récupèrent des parts, pas un bien en indivision).Dépendance à la qualité de gestion de la société de gestion.
Possibilité d’effet de levier avec le crédit (attention tout crédit engage et doit être remboursé).Certaines banques refusent de financer certaines SCPI.
Confiez votre patrimoine à des experts
À partir de 100 000 € à investir, S’investir Conseil pilote votre patrimoine avec une gestion privée haut de gamme, stratégique et sur mesure.
blur shape book

SCI ou SCPI : comment trancher pour votre situation ?

Après avoir décortiqué les mécanismes, les avantages et les limites de ces 2 véhicules, vous vous demandez sans doute lequel choisir pour votre situation personnelle ? La réponse dépend selon moi de 4 facteurs.

Critère n°1 : avez-vous le temps (et l’envie) de gérer votre investissement immobilier ?

Je vais être un peu caricatural, mais vous allez avoir l’idée : choisissez la SCI si vous aimez gérer, négocier, superviser. Si vous avez du temps libre, des compétences en immobilier 🏘️ (ou l’envie d’apprendre), et que l’idée de choisir un bien, de rencontrer des locataires et de piloter des travaux vous stimule.

👉 La SCI convient aux profils entreprenants qui veulent « mettre les mains dans le cambouis ».

Optez plutôt pour la SCPI si vous préférez déléguer intégralement et miser sur l’immobilier sans contraintes. Si votre vie professionnelle est déjà bien remplie, si vous n’avez aucune appétence pour la gestion immobilière, ou si vous habitez loin de votre investissement, les SCPI s’imposent presque naturellement.

👉 C’est la solution de l’épargnant qui veut profiter de l’immobilier sans en subir les contraintes.

Critère n°2 : combien pouvez-vous vraiment investir ?

Créer une SCI nécessite un apport plus ou moins conséquent : même avec un crédit, il est important d’avoir une part d’apport personnel pour couvrir les frais de notaire, les frais de garantie et les premiers mois de gestion (vous devez avoir un peu de trésorerie pour palier notamment à la vacance locative). Combien faut-il mettre dans le projet ? A minima plusieurs milliers d’euros 💰, sinon le projet devient difficilement viable.

Les SCPI sont à l’inverse accessibles pour tous les budgets. Vous pouvez vous lancer pour environ 200 € ou prendre des positions avec plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros. Vous investissez selon vos moyens. Cette modularité permet de commencer petit et d’augmenter progressivement votre exposition à l’immobilier.

Une stratégie hybride peut être pertinente : commencez par des SCPI pour vous familiariser avec l’investissement immobilier et générer des revenus passifs. Une fois votre trésorerie renforcée et votre expertise développée, envisagez une SCI pour les montants plus importants. Les 2 solutions ne s’excluent pas, elles se complètent.

Conseil de Matthieu – SCI ou SCPI, pourquoi devoir choisir ?

Critère n°3 : que voulez-vous faire dans la durée avec cet investissement ?

Investir dans l’immobilier peut vous aider à vous créer un patrimoine transmissible. Cela peut aussi être dans une logique de création de revenus complémentaires à vos revenus (salaires, pensions, rentes). Le tout, SCI ou SCPI, peut se financer à crédit, un outil que vous pouvez avoir envie d’utiliser si votre situation le permet car vous avez un « bon » profil auprès des banques.

Pour la transmission familiale, SCI ou SCPI excellent : vous pouvez donner progressivement des parts de SCI à vos enfants en profitant des abattements fiscaux, tout en gardant le contrôle via votre statut de gérant. La SCI permet aussi d’organiser finement les règles de gouvernance entre héritiers. Les SCPI peuvent s’acheter via le démembrement, en séparant usufruit et nue-propriété. Excellent pour avoir votre part des loyers sans la « contrainte » de la propriété des parts, qui s’ajoutent à votre patrimoine.

Pour les revenus complémentaires immédiats, les SCPI sont probablement les plus efficaces : les dividendes tombent dès le premier trimestre, une fois le délai de jouissance passé. Avec une SCI, il faut d’abord trouver le bien, le rénover éventuellement, puis trouver un locataire. Les premiers loyers peuvent mettre 6 à 12 mois à arriver. Et surtout si vous réalisez un achat à crédit, il va d’abord falloir trouver l’équilibre entre les mensualités à rembourser et le loyer perçu. Les SCPI aussi peuvent se financier à crédit, c’est vrai. Dans ce cas, une étude prudente des revenus à venir est nécessaires.

Pour la constitution d’un patrimoine immobilier à crédit, une SCI offre pour moi un bien meilleur effet de levier : les banques financent facilement un bien immobilier en direct. Pour les SCPI, le crédit existe mais reste moins généreux. Votre conseiller bancaire connaît-il d’autres SCPI que celles qu’il vend ? Pas certain.

Critère n°4 : quelle est votre tolérance au risque ?

Je ne vais pas vous parler des performances. Le sujet est bien entendu central, mais les performances sont très variables selon la stratégie des SCPI, et surtout selon la nature de la SCI que vous montez ! La comparaison frontale est impossible. Une SCI créée de manière optimisée, avec des biens finement sélectionnés, et un rendement locatif haut peut être un bien meilleur placement que n’importe quelle SCPI. Alors, mettons de côté la performance. Parlons plutôt des risques.

1️⃣ Une SCI concentre le risque sur un nombre de biens réduit, mathématiquement. Un impayé peut représenter 100 % de vos revenus locatifs. Une dégradation du quartier peut faire chuter la valeur de votre bien de 20 ou 30 %. Une vacance locative longue va faire chuter votre rentabilité. En contrepartie, vous pouvez surperformer le marché en choisissant astucieusement votre actif. Le couple rendement / risque est à suivre, finement.

2️⃣ Les SCPI, elles, mutualisent le risque sur des dizaines, voire des centaines de biens. Cette diversification lisse les aléas locatifs et protège votre capital (il existe toujours un risque de perte en capital, mais il est bien moins fort qu’avec un ou 2 biens). Acheter des parts de SCPI limite aussi votre potentiel de surperformance : vous obtenez la performance moyenne du parc, ni plus ni moins. Vous n’allez pas – sauf surprise – voir votre rendement augmenter fortement d’un trimestre à l’autre. En SCI, vous pouvez plus rapidement revoir à la hausse un loyer si le marché change, voire même changer de stratégie en passant en location meublée.

Vous le comprenez, il n’existe pas de « meilleur » choix universel gravé dans le marbre. Ces 2 solutions répondent à des besoins radicalement différents et s’adressent à des profils d’investisseurs qui ne se ressemblent pas ? Oui, et non. L’idéal est de faire les 2. Si je dois brosser une synthèse rapide, disons que les SCI conviennent aux investisseurs actifs qui considèrent l’immobilier comme un vrai projet entrepreneurial alors que les SCPI séduisent les investisseurs passifs qui veulent profiter de l’immobilier sans en subir les contraintes.

Beaucoup d’épargnants combinent intelligemment les 2 approches au fil de leur vie : ils démarrent par des SCPI pour se familiariser avec l’investissement immobilier et générer des revenus passifs dès les premières années, puis créent une SCI familiale quand leur patrimoine le permet et qu’ils veulent structurer la transmission à leurs enfants. Les 2 véhicules ne s’excluent pas, ils se complètent dans une stratégie patrimoniale globale.

Mon conseil final : ne choisissez jamais un véhicule d’investissement par mimétisme (« mon beau-frère a fait une SCI donc je fais pareil ») ou par facilité (« les SCPI c’est plus simple alors j’y vais par défaut »). Posez-vous honnêtement les bonnes questions sur votre disponibilité, vos compétences, vos objectifs et votre rapport au risque. Et si possible, faites-vous accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine indépendant qui analysera votre situation globale avant de vous orienter. Car en finance comme en immobilier, la meilleure décision est celle qui correspond à votre réalité personnelle, pas à une vérité générale qui n’existe pas.

⚠️ Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse personnelle de votre situation financière, de vos objectifs patrimoniaux et de votre profil de risque.

S'INVESTIR CONSEIL
Cabinet de conseil en gestion de patrimoine
S'investir Conseil Cabinet en gestion de patrimoine
S'investir Conseil Cabinet en gestion de patrimoine
FAQ

Nous répondons à vos questions les plus fréquentes !

Oui, et c’est même une stratégie assez répandue chez les investisseurs avertis ! Vous créez une SCI qui, au lieu d’acheter un bien en direct (ou en complément), acquiert des parts de SCPI. Cette structure combine les avantages des 2 véhicules : la diversification et la gestion déléguée des SCPI, plus l’optimisation fiscale et patrimoniale de la SCI. En optant pour l’impôt sur les sociétés (IS), vous pouvez par exemple déduire 100 % des intérêts d’emprunt si vous achetez les SCPI à crédit, ce qui booste votre effet de levier. Vous pouvez aussi réinvestir les dividendes dans la SCI sans fiscalité immédiate pour capitaliser plus efficacement. Attention toutefois : vous cumulez les frais (frais de création et de gestion de la SCI + frais de souscription et de gestion des SCPI), ce qui peut rogner sérieusement la rentabilité.

Pour une SCI, comptez un horizon minimum de 10 à 15 ans. Les premières années, vous remboursez surtout les intérêts du crédit (environ 70 % de vos mensualités les 5 premières années), vous amortissez les frais de notaire (7 à 8 % du prix), et vous subissez des travaux initiaux s’ils sont nécessaires. La vraie rentabilité apparaît après 7-8 ans quand le capital remboursé commence à dépasser les intérêts, et surtout après 15 ans quand l’effet de levier du crédit porte ses fruits.

Pour les SCPI, l’horizon recommandé est de 8 à 10 ans minimum. Pourquoi ? Parce qu’il faut environ 2 à 3 ans pour amortir les frais d’entrée (8-12 %), puis encore 5 à 7 ans pour que la performance s’accumule et compense les frais de gestion annuels (10 % des loyers). Les SCPI ne sont pas un placement court terme : si vous vendez avant 5 ans, votre performance globale sera probablement négative ou médiocre.

Oui, c’est possible mais moins courant et moins avantageux qu’un crédit immobilier classique. Les banques proposent des prêts pour financer l’achat de parts de SCPI, mais les conditions sont généralement moins favorables. Les taux d’intérêt sont souvent supérieurs par rapport à un crédit immobilier, et la durée est souvent limitée à 15 ans maximum (contre 20-25 ans pour un bien). Attention au risque de taux : si les dividendes baissent ou si votre fiscalité est élevée, le crédit peut devenir un boulet financier. Cette stratégie s’adresse surtout aux contribuables faiblement imposés ou à ceux qui investissent via une SCI à l’IS pour optimiser la déductibilité des intérêts.

C’est l’une des principales difficultés de la SCI : la sortie d’un associé peut créer des blocages. Tout dépend de ce que prévoient vos statuts. La plupart des SCI familiales incluent une clause d’agrément : un associé qui veut vendre doit obtenir l’accord des autres associés (souvent à la majorité des 2/3 ou 3/4 des parts). Si les associés refusent l’agrément d’un acheteur extérieur, ils ont généralement l’obligation de racheter eux-mêmes les parts ou de trouver un acquéreur agréé dans un délai de 3 à 6 mois. Si personne ne rachète et qu’aucun accord n’est trouvé, l’associé sortant peut saisir le tribunal pour demander la dissolution de la SCI ou le rachat forcé de ses parts à un prix fixé par un expert indépendant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA. La politique de confidentialité et les conditions d'utilisation de Google s'appliquent.

Table des matières
Notre formation 100% offerte !
Apprendre à investir en Bourse, protéger votre avenir financier et générer des revenus passifs

Notre formation 100% offerte !

Apprendre à investir en Bourse, protéger votre avenir financier et générer des revenus passifs (même en partant de zéro et sans connaissance).

Le livre de Matthieu

Tout le monde peut réussir en bourse

Investir comporte des risques : S’investir n’est pas responsable de la qualité des produits ou services présentés sur cette page et ne pourrait être tenu responsable, directement ou indirectement, par tout dommage ou perte causés suite à l’utilisation d’un bien ou service mis en avant dans cet article. Les investissements liés aux cryptoactifs, aux actions ou autre sont risqués par nature, les lecteurs doivent faire leurs propres recherches avant d’entreprendre toute action et n’investir que dans les limites de leurs capacités financières. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.

Ce qu’il faut savoir sur les liens d’affiliation : cette page présente des services ou des produits relatifs aux investissements. Certains liens présents dans cet article sont affiliés. Cela signifie que si vous achetez un produit ou que vous vous inscrivez sur un site depuis cet article, le partenaire nous reverse une commission. Cela permet à S’investir de financer son travail. Ce qui nous permet de continuer à vous proposer des contenus utiles. Il n’y a aucune incidence vous concernant et vous pouvez même obtenir un bonus en utilisant nos liens.

Ces articles vont vous intéresser

Accédez à notre Formation 100% Offerte !

Comment investir pour protéger votre avenir financier et vous générer des revenus passifs (même en partant de zéro et sans connaissance).
Une formation gratuite inédite pour maîtriser la Bourse et l’investissement :

Formidable !

J’ai suivi d’autres formations en investissement et il n’y a aucune comparaison : le niveau de connaissance qu’on acquiert grâce aux différents experts et la pédagogie de Matthieu est sans commune mesure. Expérience extra, aucun regret et je n’ai besoin d’aucune autre formation !

Hyper complet !

Je n’ai plus besoin d’autre chose pour mes finances. J’ai constitué un portefeuille d’ETF bien plus performant, j’ai choisi de meilleurs placements et de meilleures assurances-vie. En faisant une simulation, on parle

Incontournable !

Bientôt un an et déjà +24% sur mon portefeuille ! Même en période de baisse de marché, la stratégie se distingue par sa solidité