Vivre de ses placements, toucher un revenu chaque mois sans avoir à travailler, profiter pleinement de sa liberté financière : pour beaucoup d’investisseurs, c’est l’objectif ultime. 🎯 Reste la question : à partir de quel capital peut-on franchir le pas — et combien retirer chaque année sans jamais tomber à sec ?
La règle des 4 % promet d’y répondre par une formule simple. Le principe : avec 600 000 € investis en Bourse, vous pourriez retirer 24 000 € par an, soit 2 000 € par mois, en ajustant ce montant de l’inflation chaque année — et, historiquement et dans la grande majorité des scénarios, sans épuiser votre capital de votre vivant.
J’insiste sur « historiquement » et « dans la grande majorité des scénarios », car vous allez voir que cette promesse comporte des nuances importantes — et qu’elle a sérieusement été remise en question ces dernières années, au point que son propre inventeur l’a révisée. 👇
Dans cet article, je vous explique d’où vient cette règle, comment atteindre concrètement les 600 000 €, ses 5 limites, ce qu’elle aurait donné historiquement, et enfin pourquoi le débat sur sa validité est plus vivant que jamais en 2026.
Ce contenu est fourni à des fins exclusivement pédagogiques. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, pouvant être partielle ou totale.
Conseil de Matthieu
Vivre de revenus passifs en Bourse avec la règle de 4 %
La règle des 4 % suggère que, le jour de votre indépendance financière, vous pouvez retirer 4 % de votre capital investi la première année, puis le même montant ajusté de l’inflation les années suivantes, avec une très faible probabilité de manquer d’argent sur la durée.
On pourrait tout aussi bien l’appeler la règle des 300. Pour connaître le capital nécessaire, multipliez le revenu mensuel souhaité par 300 :
- 2 000 €/mois × 300 = 600 000 €
- 3 000 €/mois × 300 = 900 000 €
- 1 500 €/mois × 300 = 450 000 €
D’où vient ce chiffre de 4 % ? Du travail du conseiller financier américain William Bengen, en 1994. En simulant des départs en retraite sur des périodes glissantes de 30 ans à partir des données de marché américaines depuis 1926, il a cherché le taux de retrait le plus élevé qui n’avait jamais échoué sur 30 ans. Ce taux était précisément de 4,15 % — qu’il a arrondi à 4 % pour la formule. En 1998, la célèbre étude Trinity a confirmé et popularisé la règle sous forme de « taux de réussite », ancrant définitivement le « 4 % » dans la culture de l’indépendance financière.
La règle des 4 % est d’ailleurs un pilier du mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early — indépendance financière, retraite anticipée). On y reviendra, car c’est précisément pour les adeptes du FIRE qu’elle mérite le plus de nuances.
« Mais si je retire de l’argent tous les ans, je réduis mon épargne ! » C’est l’objection la plus naturelle — et la plus saine. La réponse tient en un mot : les intérêts composés. Tant que votre portefeuille génère, en moyenne, plus que ce que vous retirez, le « panier » continue de se remplir tout seul plus vite qu’il ne se vide. C’est tout l’objet de la section suivante.
Conseil de Matthieu
Le moteur de la règle : les intérêts composés ❄️
Si 600 000 € vous paraissent hors d’atteinte, c’est sans doute que vous sous-estimez la force la plus puissante de l’investissement : les intérêts composés. Cette mécanique — souvent qualifiée, à tort, de « 8ᵉ merveille du monde » par une citation prêtée à Einstein qu’il n’a probablement jamais prononcée — montre comment 1 + 1 ne fait pas 2, mais 3.
Le principe : vos gains génèrent à leur tour des gains. Un exemple parlant, à 10 % par an sur un placement initial de 15 000 € :
- Intérêts simples (on ne réinvestit pas les gains) : +1 500 €/an (10 % de 15 000 €), soit 30 000 € au bout de 10 ans.
- Intérêts composés (on réinvestit tout) : ~38 900 € au bout de 10 ans.
L’écart paraît modeste sur 10 ans. Mais il explose avec le temps. Sur 40 ans, le même placement de 15 000 € atteint ~678 000 € en intérêts composés, contre seulement 75 000 € en intérêts simples. ❄️➡️⛄ La différence — plus de 600 000 € — c’est l’effet boule de neige.
Retenez ceci : votre capital ne grandit pas linéairement, mais exponentiellement. C’est ce qui rend les 600 000 € bien plus accessibles qu’ils n’en ont l’air.
👉 Pour creuser le sujet, lisiez mon article comprendre les intérêts composés.

⚠️ L’illustration graphique présentée ne constitue pas un indicateur fiable quant aux performances futures de vos investissements. Elle a uniquement pour objectif d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. La valeur de votre investissement peut évoluer à la hausse comme à la baisse et s’écarter des résultats affichés. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement et l’avoir compris.
Les intérêts composés représentent l’effet boule de neige, qui permet de voir son capital grossir exponentiellement. En réinvestissant tous les gains de nos investissements, ces gains gênèrent des gains à leur tour, qui génèrent ensuite des gains, etc. Pour avoir un aperçu concret, vous pouvez simuler gratuitement vos investissements en téléchargeant le tableur Excel sur les intérêts composés.
Grâce à ce levier, nous pouvons donc créer différents scénarios d’investissement pour obtenir ces fameux 600 000 € de revenus passifs en Bourse et nous verser ensuite 2000 € par mois à vie.
Comment obtenir 600 000 € en Bourse ? 💰
C’est la vraie question. Atteindre 600 000 € peut prendre moins de temps que vous ne l’imaginez — tout dépend de 4 paramètres : le capital de départ, les versements mensuels, le taux de rendement annuel et la durée.
Voici plusieurs scénarios menant à l’objectif avec une hypothèse de rendement de 10 %/an. Ce taux est une hypothèse optimiste : il s’agit d’une performance nominale (avant inflation), historiquement observée surtout sur le marché américain. Sur plus de 150 ans, les actions américaines ont rapporté de l’ordre de 8 %/an. Net des ~2 % d’inflation visés par les banques centrales, le rendement réel est plus proche de 6-8 %. Gardez donc en tête que les durées ci-dessus s’allongent si vous retenez une hypothèse plus prudente — ce que je vous encourage à faire dans vos propres simulations. C’est d’ailleurs tout l’objet des limites qui suivent.
| Capital de départ | Versement mensuel | Durée | Capital atteint |
|---|---|---|---|
| 15 000 € | 0 € | 40 ans | ~678 000 € |
| 0 € | 150 € (5 €/jour) | 40 ans | ~839 000 € |
| 0 € | 150 € (5 €/jour) | 37 ans | ~600 000 € ✅ |
| 10 000 € | 400 € | 25 ans | ~600 000 € ✅ |
3 enseignements concrets sont à noter.
- Le montant investi chaque mois est déterminant. 5 € par jour — le prix d’un café et d’une viennoiserie — suffisent à viser l’objectif sur une carrière. Ne voyez pas cet effort comme une dépense, mais comme un investissement pour votre futur vous. ⭐
- Le temps est votre meilleur allié. Investir à 30 ans plutôt qu’à 35 change tout : à 10 %/an, six années supplémentaires font passer le portefeuille de ~628 000 € à plus d’un million d’euros. Commencez tôt, même avec peu.
- Pour aller plus vite, augmentez l’effort d’épargne ou le capital de départ. C’est ce qui permet de descendre la durée à 25 ans dans le dernier scénario.
Les 5 limites (très importantes) de la règle des 4 % ⚠️
La règle des 4 % est un formidable repère. Mais la prendre au pied de la lettre serait une erreur. Voici les 5 limites à connaître absolument.
1. Elle repose sur les performances passées 📊
Vous connaissez l’adage : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Bengen a calibré sa règle sur le marché américain du XXᵉ siècle — une période de rendements exceptionnellement favorables. Rien ne garantit que cela se reproduise.
C’est précisément pourquoi je défends une gestion passive très largement diversifiée : pas seulement les États-Unis ou l’Europe, mais aussi les pays émergents (la Chine pourrait devenir la première puissance économique mondiale), les petites capitalisations (small caps, pépites de demain), les actions value, growth, et d’autres classes d’actifs. Miser sur les seules actions américaines, c’est un pari. La diversification, elle, cherche de la performance dans tous les régimes économiques. Pour cela, rien de mieux que des ETF capitalisants logés dans un PEA ou un compte-titres.
2. L’inflation grignote vos retraits 📉
Les calculs ci-dessus tablent sur 10 % de performance brute. Encore faut-il en retrancher l’inflation. Récemment, l’inflation a atteint des sommets inédits depuis 40 ans (jusqu’à 9,1 % aux États-Unis en juin 2022, 5 à 6 % en France). Un rappel brutal que ce paramètre n’a rien de théorique : il faut toujours raisonner en rendement réel.
3. La fiscalité française 🧮
Troisième limite, souvent oubliée : les impôts. En France, le support change tout.
| Support | Fiscalité sur les gains | À retenir |
|---|---|---|
| PEA de + de 5 ans | 18,6 % (prélèvements sociaux uniquement) | L’enveloppe la plus efficace pour les actions européennes |
| Compte-titres (CTO) | 31,4 % (PFU / flat tax) | Plus souple (actions mondiales, ETF US), mais plus taxé |
| ETF capitalisants | Pas d’imposition des dividendes tant qu’ils sont réinvestis | À privilégier pour maximiser les intérêts composés |
Concrètement, intégrons une inflation à 2 %/an et une fiscalité au scénario « 5 €/jour, 10 %, 37 ans ». L’objectif des 600 000 € n’est alors plus atteint — l’inflation puis l’impôt rognent le résultat. La parade : augmenter l’effort d’épargne. En doublant les versements (~300 €/mois), on obtient 762 000 € de capital brut, soit, net d’impôt, 654 000 € nets sur PEA ou 573 000 € nets sur un CTO.
L’écart entre les 2 enveloppes ? ~80 000 € de gain fiscal en faveur du PEA. De quoi réfléchir au bon contenant avant même le bon contenu.
Si vous êtes né après 1973, il faut 43 ans de cotisation pour une retraite à taux plein en France. Or, en plaçant 5 €/jour à 10 %/an pendant ces mêmes 43 ans, vous obtiendriez plus de 1,1 million d’euros. La Bourse n’est pas un substitut à la retraite, mais un formidable complément.
Conseil de Matthieu
4. Votre durée de vie (le talon d’Achille du FIRE) ⏳
C’est la limite la plus structurelle. Bengen avait validé son taux sur 30 ans seulement. Or, si vous visez une retraite anticipée, vous pourriez avoir besoin de vivre de vos rentes 40, 50 ans ou plus. Et votre espérance de vie est imprévisible : impossible de prendre le risque de tomber à sec à 75 ans.
Cette angoisse est d’ailleurs largement partagée. Selon l’Annual Retirement Study 2026 d’Allianz Life (menée par l’Allianz Center for the Future of Retirement en janvier 2026, auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Américains de 25 ans et plus), 67 % des Américains redoutent davantage de manquer d’argent que la mort — un record, en hausse de 10 points depuis 2022. La donnée est américaine, mais elle dit l’essentiel : on ne veut pas seulement vivre de ses rentes, on veut être certain qu’elles dureront aussi longtemps que nous. C’est précisément ce que la durée de vie remet en question.
Sur un horizon aussi long, le taux de 4 % devient trop agressif. On verra plus bas que les spécialistes recommandent alors de viser plutôt 3 %. 👉 J’y consacre une section entière : « Et pour les adeptes du FIRE ? ».
5. Le facteur humain : vos émotions 🧠
Dernière limite, et non des moindres : la règle présuppose que vous resterez rationnel. Que vous tiendrez votre plan, que vous ne vendrez pas au pire moment, que vous résisterez à la panique d’un krach. En pratique, beaucoup de particuliers prennent des décisions émotionnelles qui peuvent ruiner toute la stratégie. Appliquer la règle des 4 %, c’est d’abord maîtriser sa psychologie d’investisseur. ❌😱
Se documenter sur les données historiques des marchés financiers
Grâce aux données historiques, il est possible de voir ce qu’il se serait passé pour une personne décidant de vivre de ses revenus passifs en Bourse avec xxx xxx € investis, telle année, et à tel âge. Le site engaging-data permet de faire ces simulations.
1. Scénario pour une personne à la retraite en 1977
Par exemple, voici ce qui se serait passé pour une personne décidant de vivre de ses revenus passifs en Bourse à partir de 1977, avec un portefeuille de 600 000 $ investis à 80 % en actions et à 20 % en obligations, et retirant 2000 $ par mois de son portefeuille :

40 ans plus tard, le portefeuille de cette personne serait à 2,37 millions de dollars (même en ayant retiré 2000 $ par mois. Il s’agit ici d’une période plutôt favorable.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
2. Scénario pour une personne à la retraite en 1973
En prenant les mêmes paramètres, mais en commençant sa retraite en 1973, son portefeuille n’aurait pas tenu 40 ans, mais 35 ans avant qu’il ne tombe à 0.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
Les 1res années de votre retraite sont déterminantes dans la réussite ou non du plan. Sur l’image ci-dessus, la personne a pris sa retraite en 1973 et a donc commencé à retirer 2000 $ par mois, l’année d’un krach boursier lié au premier choc pétrolier. Retirer de l’argent de son portefeuille après une forte chute des marchés est souvent le pire moment. Ceci n’a donc pas profité au portefeuille, qui a tenu bon pendant 35 ans, puis qui a fini par s’épuiser.
Le site engaging-data permet de simuler ces scénarios sur les données historiques depuis 1871 en fonction de l’année où vous commencez à vivre de vos revenus passifs en Bourse. Ainsi, prendre sa retraite avec un portefeuille de 600 000 $ investis à 80 % en actions et 20 % en obligations, retirer 2000 $ par mois, et en profiter pendant au moins 30 ans aurait fonctionné 96,6 % du temps. Ce scénario n’aurait pas fonctionné pour les années 1965, 1966, 1968 et 1969. Tout se serait bien passé pour les autres années de 1871 à 1989.

Dans un peu plus de 50 % des cas, la performance du portefeuille a même permis de porter sa valeur à plus d’un million de $, tout en ayant consommé 2000 $ par mois.
La règle des 4 % est-elle dépassée ? Le débat de 2026 ⚖️
Depuis quelques années, la règle des 4 % est critiquée de toutes parts — et, fait remarquable, les critiques se contredisent : pour les uns elle est trop prudente, pour les autres trop optimiste. Décryptage.
2 camps… et une simple convention
D’un côté, William Bengen lui-même juge sa règle trop conservatrice. Dans son livre A Richer Retirement (2025), il relève son taux sûr à 4,7 %, grâce à un portefeuille plus diversifié (7 classes d’actifs, allocation ~55 % actions / 40 % obligations / 5 % cash). Mieux : retraité depuis 2013, il avait commencé en prélevant 4,5 %… qu’il a trouvé trop prudent, et il prélève aujourd’hui 4,9 % par an parce que les marchés ont bien performé.
Le créateur de la règle dépense donc, en pratique, plus que ce que sa propre formule recommande. Il décrit d’ailleurs le 4 % comme un scénario du pire, calibré pour le retraité le plus malchanceux du siècle. Si vous voulez en savoir plus, je vous recommande l’excellent article (en anglais) paru dans USA Today de Daniel de Visé « The 4% rule is now the 4.7% rule. That matters for your retirement ».
De l’autre côté, Morningstar est nettement plus prudent. Son rapport annuel State of Retirement Income retient 3,9 % pour 2026 (après 4,0 % en 2023, 3,7 % en 2024). La raison de l’écart avec Bengen ? Morningstar est prospectif : ses simulations intègrent les valorisations élevées des actions et des rendements obligataires plus faibles, là où Bengen raisonne sur l’historique.
➡️ La leçon : « 4 % » n’est pas une vérité gravée dans le marbre, mais une convention qui oscille, selon la méthode, entre ~3,9 % et ~4,7 %.
« Et si vous n’êtes pas américain ? » 🌍
Voici l’angle qui devrait alerter tout investisseur français. Le chercheur Wade Pfau a rejoué la méthode de Bengen sur les marchés d’autres pays développés. Résultat : le taux de 4 % n’était sûr que dans 4 pays sur 14. Dans un environnement de taux bas, Pfau estimait même en 2020 le taux réellement sûr à 2,4 %.
Autrement dit, la solidité de la règle des 4 % doit énormément à l’exceptionnalisme du marché américain au XXᵉ siècle. Pour un Européen, la prudence est de mise — ce qui renforce, une fois de plus, l’intérêt d’une diversification mondiale.
La règle avantage ceux qui ont déjà un gros capital 💼
Autre critique de fond : la règle des 4 % fonctionne surtout… pour ceux qui sont déjà aisés. Appliquée à un patrimoine modeste, elle ne produit presque rien.
Faisons le test avec les chiffres français. Le patrimoine net médian des ménages français est de 148 100 €. Or 4 % de 148 100 €, cela fait à peine ~5 900 €/an, soit ~490 €/mois. Très loin de faire vivre qui que ce soit.

Et c’est encore pire qu’il n’y paraît, car la règle suppose un capital financier investi en Bourse. Or en France, l’immobilier représente 61 % du patrimoine des ménages, le patrimoine financier seulement 22 % — et au sein de ce financier, la part en actions cotées est minime. Le capital réellement « activable » pour la règle des 4 % est donc bien plus faible que le patrimoine total.
🔑 La vraie leçon : les 600 000 € ne sont pas un point de départ, mais un point d’arrivée — à construire patiemment en Bourse (la cible représente environ 4 fois le patrimoine médian français), et non à espérer de sa résidence principale.
Le contre-argument honnête : et si elle était trop prudente ? 🤔
Pour être équitable, la critique va aussi dans l’autre sens. Plusieurs travaux (Blanchett, Kitces) montrent que les dépenses réelles déclinent au fil de la retraite — c’est le « sourire des dépenses ». En supposant un retrait constant en euros réels pendant 30 ou 40 ans, la règle des 4 % pourrait donc sous-estimer ce qu’on peut réellement se permettre de dépenser. C’est exactement ce que dit Bengen : selon lui, beaucoup de retraités devraient probablement dépenser davantage.
Et pour les adeptes du FIRE ? 🔥
Si vous visez la retraite anticipée, ce paragraphe est pour vous. Sur un horizon de 40 à 50 ans, la règle des 4 % devient trop agressive. Vanguard recommande de la personnaliser via 5 ajustements.
- Raisonner en prévisions prospectives plutôt que sur le seul historique.
- Fixer un horizon réaliste (50 ans, ce n’est pas 30 ans).
- Minimiser les frais — chaque dixième de pourcent compte sur un demi-siècle.
- Diversifier à l’international (et non sur les seuls actifs américains).
- Adopter une dépense dynamique, avec un plancher et un plafond de retrait.
Concrètement, sur un horizon de 40 ans et plus, les spécialistes conseillent de viser plutôt un taux de 3 % (soit la « règle des 333 » : ~800 000 € pour 2 000 €/mois). En version française, pensez aussi à la mécanique d’accès aux fonds : PEA, assurance-vie et CTO permettent de générer un revenu avant l’âge légal de la retraite, là où les supports purement « retraite » sont bloqués.
Enfin, plutôt qu’un taux fixe de retrait défini, invariable, des stratégies dites de « guardrails » (Guyton-Klinger) ajustent le retrait selon les marchés : on réduit la voilure les mauvaises années, on s’autorise davantage après les bonnes. C’est exactement le type de techniques que je détaille dans le programme LBD.
La règle des 4%, une boussole, pas un GPS 🧭
Pour conclure, je dirai que la règle des 4 % reste un point de départ remarquable : simple, mémorable, elle transforme une question angoissante (« combien puis-je dépenser ? ») en un repère actionnable. Mais ce n’est pas un GPS. C’est une boussole, à recalibrer selon votre horizon, votre fiscalité, votre diversification et votre tempérament.
Le débat de 2026 le résume bien : entre les 4,7 % de Bengen et les 2,4 % de Pfau, la vérité est personnelle. Et n’oublions pas le mot de la fin de l’inventeur lui-même : sa règle visait le pire scénario sur un siècle de données — pour la plupart des investisseurs, elle est volontairement pessimiste.
Une chose est sûre : même si vivre à 100 % de ses rentes n’est jamais garanti, investir en Bourse reste l’un des meilleurs moyens d’exploiter la puissance des intérêts composés et de décupler son patrimoine. Que vous atteigniez ou non les 600 000 €, le chemin en vaut la peine. 💪
⚠️ Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse personnelle de votre situation financière, de vos objectifs patrimoniaux et de votre profil de risque.
4 réponses
Bonjour,
Je comprends vos raisonnements mais ce que je comprends pas c’est le principe du retrait mensuel d’un montant X!
Je m’explique: quand on retire chaque mois les plus values boursières par action ( à supposer qu’il y en aient chaque mois?) on mange chaque mois du capital, quand on vend une action, on vend le capital de base de l’action et sa plus value.
En métaphore, on fait un trou dans le panier par lequel le capital s’échappe.
Je dois me tromper mais où?
Merci pour votre réponse.
Patrick Bouderenghien
Bonjour, je vois ce que vous voulez dire.
Si votre portefeuille vous rapporte 10% au cours d’une année et que vous retirez 4%, votre portefeuille aura grossi de 6%. Par conséquent, il n’y a pas de trou dans le panier !
Merci ! Question : retirer tout le capital et la plus value de l’action investie, laisse un trou ou doit-on retirer sur 100 actions, dix actions par mois? Et ensuite réinvestir après sur quelle période pour continuer à vivre de la bourse?
Le principe fondamental en bourse pour vivre durablement de ces revenus est de ne jamais toucher au capital, seulement aux gains. Cela permet de ne pas « casser » la machine où on perd son outil de production.