Tout le monde connait les noms des plus grandes entreprises cotées en Bourse. Nvidia, Apple, ou encore LVMH et L’Oréal pour la France. Mais que signifie une « grosse » entreprise cotée en Bourse ? Quel est le rapport avec les actions de ces entreprises ? Penchons-nous sur la marketcap, abréviation de market capitalization, ou capitalisation boursière en français.
Ce contenu est fourni à des fins exclusivement pédagogiques Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, pouvant être partielle ou totale.
Marketcap : définition
La marketcap suit un calcul simple
Considérons une entreprise cotée en Bourse. Supposons que le nombre de ses actions soit de 1 million. Le prix de toutes ces actions est unique, et vaut actuellement 10 €. La marketcap vaut alors tout simplement : 1 million x 10 = 10 millions € pour cette entreprise 📌.
Cependant, il est rare que la totalité de ces actions soit négociable sur les marchés. En effet, certaines d’entre elles sont conservées sans volonté de les céder à court terme. On peut citer notamment les fondateurs de l’entreprise, et des gouvernements. Par conséquent, une autre marketcap, plus fidèle aux titres réellement échangeables, doit tenir compte de ces restrictions. 🔎 Ainsi, la free-float marketcap, ou capitalisation boursière ajustée du flottant, ne retient que ces derniers.
Reprenons l’exemple plus haut : sur le million d’actions existantes, seules 800 000 sont négociables sur les marchés. La free-float marketcap est donc de : 800 000 x 10 = 8 millions €. Elle est nécessairement inférieure ou égale à la marketcap totale.

Capitalisation boursière : exemples et contexte
Intéressons-nous aux ordres de grandeur. Voici le top 3 français et américain des marketcap, à la mi-juillet 2026 :
Top 3 du CAC 40 :
- LVMH : 240 milliards € (~275 Mds $)
- L’Oréal : 200 milliards € (~230 Mds $)
- Hermès International : 170 milliards € (~195 Mds $)
Top 3 du S&P 500 :
- Nvidia : 5 100 Mds $
- Apple : 4 600 Mds $
- Aphabet (google) : 4 300 Mds $
Pour saisir l’intérêt d’une définition aussi simple que celle de la marketcap (totale ou ajustée), il faut la replacer dans son contexte : la Bourse. 📊 En effet, cette capitalisation boursière est en réalité une projection. Etudions cela de plus près.
Remarque : la marketcap ne concerne que les entreprises cotées en Bourse, qui doivent respecter de lourdes obligations de transparence sur leurs comptes. La contrainte est moins forte pour les entreprises non cotées. Par conséquent, les gérants de fonds de private equity doivent fournir un travail spécifique. A savoir, étudier de près ces dernières afin d’en estimer une équivalence de la marketcap. Les frais facturés par ces fonds servent notamment à rémunérer ce travail d’experts.
Capitalisation boursière : définition d’une action
➡️ Acquérir un bien immobilier s’accompagne d’un titre de propriété. Délivré par un notaire, ce titre confère des droits à l’acquéreur, à l’instar d’occuper, louer ou revendre ce bien. Sur les marchés boursiers, acheter une action suit la même logique : devenir propriétaire d’une petite partie d’une entreprise. Similairement, ce titre accorde des droits à l’actionnaire qui le détient, comme pouvoir le revendre ou encore en percevoir d’éventuels dividendes versés par l’entreprise.
En pratique, revendre un bien immobilier exige du temps, incluant des délais légalement incompressibles. Quant à elle, une action en Bourse peut changer de mains en une fraction de seconde, car le système boursier est conçu pour le permettre.
Capitalisation boursière et valeur comptable
Valeur : présente et anticipée
Continuons de creuser le sens de la marketcap. Combien vaut une entreprise ? D’apparence simple, cette question n’est pourtant pas triviale. Abordons tout d’abord sa valeur comptable. Pour simplifier, il s’agit tout d’abord de calculer le total des actifs détenus par cette entreprise, comme ses :
– machines, locaux ;
– stocks de marchandise ;
– brevets.
Total des actifs : 9 millions € pour cet exemple.
Viennent ensuite les dettes : 1 million € à rembourser à la banque. La valeur comptable est égale à la différence, soit 8 millions €. Naturellement, cette valeur comptable évolue dans le temps, en donnant une valeur de cette entreprise à l’instant présent.
💡 Une éternelle question en finance est la suivante : combien un investisseur est-il prêt à payer pour en acquérir une part de propriété (une action) ? C’est ici que la marketcap entre en jeu.
On investit aujourd’hui si l’on anticipe que le sous-jacent (action, immobilier ou tout autre actif) vaudra plus, sous-entendu dans le futur. Le simple fait d’investir traduit par conséquent une forme d’optimisme.
Offre, demande et optimisme
💼 Il ne faut donc pas se limiter à la valeur actuelle de ce sous-jacent, mais se projeter et évaluer combien il vaudra plus tard, afin d’en payer un prix jugé raisonnable aujourd’hui. Le futur étant inconnu, tout investisseur est condamné à se satisfaire d’estimations.
A l’instar de nombreux biens et services, le prix d’une action en Bourse découle de l’offre et de la demande. Si la demande (portée par les acheteurs) pousse plus fort que l’offre (incarnée par les vendeurs), le prix monte.
Dans le cas inverse, le prix baisse. Ainsi, pour une valeur comptable de 8 millions € (voir exemple plus haut), le prix que le marché est prêt à payer pour acquérir toutes les actions s’exprime via la marketcap. Disons 10 millions €.
La différence entre la valeur comptable (8 millions €) et la marketcap (10 millions €) mesure le niveau d’optimisme du marché à l’égard de cette entreprise cotée en Bourse. Comme expliqué plus haut, plus les investisseurs sont prêts à payer cher, plus le prix de l’action grimpe. Aucune contrainte ne lie la valeur comptable à la marketcap. Seul le marché (les investisseurs) décide de la marketcap à assigner à une entreprise cotée, basée sur une interprétation des informations connues à l’instant t.

Présent et projections : exemples de divergences
Le 20 février 2020, il ne s’est rien passé de majeur au niveau de la valeur comptable des entreprises par rapport aux jours précédents. ⚠️ En revanche, ce qui a fortement changé ce jour-là, ce sont les prévisions du marché : l’épidémie mondiale avérée (Covid) a anéanti les précédentes projections des analystes. A valeur comptable pourtant presque inchangée, la marketcap de nombreuses entreprises s’est alors effondrée. C’était un krach boursier. Rappelons que dans les faits, personne n’est capable d’anticiper les krachs boursiers de manière fiable.
A l’inverse, lorsque la marketcap devient très supérieure à la valeur comptable, certains observateurs redoutent une bulle. A savoir que les prévisions deviennent très optimistes. Le prix ainsi payé pour une action dans le présent ne verra peut-être par les projections se concrétiser, car trop ambitieuses.
Citons également l’introduction en Bourse de Space X en juin 2026, qui avait propulsé le prix de l’action plus haut que les fusées. L’humain, dont l’investisseur n’est qu’une catégorie, est connu pour être réceptif aux belles histoires, y compris à l’âge adulte. L’optimisme peut parfois porter les prix des actions bien au-delà de la raison.
Capitalisation boursière : prix d’une seule action
Comme expliqué dans la définition de la marketcap, le prix unitaire de l’action est pris en compte, ainsi que le nombre total ou partiel d’actions de cette entreprise.
Marketcap : stock splits et opération inverse
Certaines entreprises décident parfois de baisser le prix de leur action. On parle de fractionnement d’actions, ou de stock split. En 2022, l’action Tesla a connu un 3-pour-1. Si vous déteniez des actions Tesla en portefeuille le 24 août 2022, le lendemain matin vous en aviez 3 fois plus.
Du point de vue de la marketcap, un stock split ne change rien : multiplier le nombre d’actions tout en divisant leur prix par un même facteur laisse la marketcap inchangée. Pourquoi une telle décision ? Mises à part quelques exceptions (assurance-vie, PER, PEE), les enveloppes fiscales, françaises ou non, ne permettent bien souvent que de loger des actions entières : 1, 2, 3, etc.
Dans ces conditions, le prix d’une action donne par conséquent la granularité : une action à 30 € est plus accessible aux investisseurs modestes qu’à 850 €. L’opération est donc censée séduire un plus grand nombre d’investisseurs.
A l’inverse, l’entreprise peut vouloir regrouper ses actions, comme avec un 1-pour-2. Ainsi, 2 actions n’en font plus qu’une après l’opération, dont le prix unitaire a été doublé (2 x 5 € = 1 x 10 €). Les raisons sont variables. Certaines places de cotation imposent un prix d’action minimum (1 $ pour le NYSE et le Nasdaq aux USA), justifiant ainsi cette opération où le prix unitaire croît. Par ailleurs, cette hausse de prix peut intéresser des investisseurs institutionnels, parfois peu enclins à acheter des penny stocks (actions au prix unitaire très faible).

La marketcap en pratique
✅ Comprendre tout ceci permet de mieux appréhender la marketcap dans le paysage financier. Passons en revue quelques indices boursiers connus.
Indices pondérés par la capitalisation boursière
Grands indices et exemple de marketcap
Tous les indices suivants sont pondérés par la free-float marketcap : MSCI World, S&P 500, CAC 40, Stoxx Euro 600, MSCI Emerging markets. Et bien d’autres encore. Cette pondération est considérée comme la norme. Donnons-en un exemple simple avec ce tableau :
| Entreprise | Nombre d’actions échangeables (a) | Prix d’une action (b) | Capitalisation boursière ajustée du flottant (c = a x b) | Capi-pondération (=c / capitalisation boursière de l’ indice) |
|---|---|---|---|---|
| Ent-1 | 2 000 | 100 € | 200 000 € | 2/12 = 17 % |
| Ent-2 | 3 000 | 200 € | 600 000 € | 6/12 = 50 % |
| Ent-3 | 4 000 | 100 € | 400 000 € | 4/12 = 33 % |
Capi-pondération ajustée du flottant pour un indice boursier
Ainsi, quel que soit l’indice capipondéré étudié, le poids de chaque ligne est proportionnel à sa free-float marketcap par rapport à celle de l’indice. Ici, la free-float marketcap de 600 000 € (2nd constituant) pèse donc 3 fois plus dans cet indice que celle affichant 200 000 €.
Coefficients et MSCI World
Etablissons un parallèle simple avec le baccalauréat. Vous venez d’obtenir les 3 notes suivantes : 15 en français, 9 en maths et 14 en histoire. Quelle est votre moyenne ? La réponse dépend évidemment du coefficient de chaque matière. Il s’agit précisément de l’influence qu’a la pondération sur les constituants d’un indice boursier. A constituants identiques pour 2 indices, leur pondération respective est donc déterminante pour leur performance finale.
Faisons un focus sur le célèbre indice MSCI World. Ce dernier est parfois pointé du doigt en raison du poids important attribué aux USA : environ 60 à 70% de l’indice. Etant pondéré par la capitalisation boursière, ce poids ne fait que retranscrire la marketcap que le marché décide d’assigner à ce pays.
Si le marché revoit à la baisse ses estimations de performances outre Atlantique face aux autres pays, le poids des USA baissera au sein de l’indice. 📌 Ainsi, un indice capipondéré est à géométrie variable, ce qui n’est pas le cas de toutes les pondérations, comme nous allons le voir.
Indices non pondérés par la marketcap
🔎 Bien que la pondération par capitalisation boursière ajustée du flottant soit la plus répandue, ce n’est pas la seule à exister au sein des indices. Regardons quelques exemples de pondérations alternatives. Liste non exhaustive.
Indices « price weighted »
Certains indices affichent une pondération peu intuitive. C’est le cas du DJIA (Dow Jones industrial average, indice américain) et du Nikkei 225, indice japonais. Leur spécificité ? Pondérer leurs constituants par le prix de leur action respective, et non par leur marketcap.
Explication avec le tableau suivant. Considérons 1 action présente dans 2 indices à pondérations différentes : capipondération et ≪ price weighted ≫. Regardons l’influence d’un stock split (2-pour-1) pour chacun des 2 indices :

Comme vu plus haut, un stock split de 2-pour-1 multiplie par 2 le nombre d’actions, tout en divisant leur prix par 2. Bien que la marketcap reste constante, le prix unitaire a bien diminué de moitié.
Conséquences :
- dans l’indice capipondéré : le poids de cette action est inchangé ✅ ;
- dans l’indice ≪ price weighted ≫ : son poids est divisé par 2❌.
Une action fait couramment partie de plusieurs indices boursiers. L’incidence d’un stock split sur le poids de cette dernière est donc fonction de la pondération de chaque indice considéré.
Indices « equal weight »
Voici la pondération la plus simple à comprendre : égalité pour tous les constituants ! Exemple avec cet ETF iShares S&P 500 EW (pour equal weight). Chacune des 500 lignes affiche donc un poids de : 100 % / 500 = 0,2 % au sein de l’indice.
Indices pondérés par le PIB (produit intérieur brut)
Cette pondération peu commune a récemment été rendue accessible via certains ETF. Considérons l’indice FTSE all world GDP-weighted (pour growth domestic product, soit le PIB en français). Ce dernier pondère ses constituants en fonction du PIB de chaque pays impliqué, par rapport au PIB total de tous les pays présents.
Indices à pondération spécifique
Enfin, de nombreux indices affichent des pondérations spécifiques. Un exemple simple : les indices ESG (environnement, social et gouvernance). Les critères ne faisant pas consensus pour évaluer si une entreprise est vertueuse ou non, diverses méthodologies conduisent à des pondérations parfois divergentes.
Vous pouvez également approfondir un exemple de pondération spécifique avec l’indice MSCI World quality.
Marketcap en crypto
Faisons désormais un bref détour par les crypto-monnaies. La marketcap se calcule très simplement. ➡️ Pour le Bitcoin par exemple, il suffit de multiplier le nombre de Bitcoin actuel (qui augmentera jusqu’à atteindre 21 millions) par le prix d’un seul d’entre eux. A la mi-2026, ce nombre avoisine les 1 300 milliards $.
Certains paniers de crypto-monnaies sont proposés aux investisseurs/spéculateurs, et tiennent compte de la marketcap. Plus simplement, comparer la marketcap de plusieurs crypto permet de jauger lesquelles suscitent le plus d’engouement.
Comment investir en se basant sur la marketcap
Capitalisation boursière : combiner 2 indices
Illustrons concrètement le concept de marketcap, en l’appliquant à un portefeuille boursier. Pour ce faire, considérons 2 indices larges et connus :
- le MSCI World, indice couvrant 23 pays développés ;
- le MSCI Emerging markets, regroupant 24 pays émergeants.
✅ Comme leur nom le suggère, ces 2 indices sont complémentaires. Objectif : couvrir un maximum de pays. Mais dans quelles proportions les combiner l’un à l’autre ? L’approche marketcap est défendable : respecter la contribution de chacun. Au 30 juin 2026, les free-float marketcap étaient les suivantes :
- MSCI World : 89 100 milliards $ ;
- MSCI Emerging markets : 12 300 milliards $.
Une simple règle de proportionnalité nous donne environ 88 % et 12 % respectivement. Investir sur 2 ETF en suivants ces 2 pourcentages permet de s’aligner sur ce qu’exprime le marché quant aux projections sur ces 2 indices boursiers.
Un rééquilibrage annuel sera opportun, afin de respecter cette proportion dans le temps. A savoir, une fois par an, refaire ce simple calcul et arbitrer entre les 2 ETF de façon à respecter l’évolution de leur contribution.
Marketcap respectée avec 1 seul indice et 47 pays
💡 Si votre courtier ou assureur-vie vous le propose, vous pouvez même vous épargner ces calculs. Il s’agit de l’ETF MSCI ACWI (all country world index) qui réunit les 2 indices cités précédemment. Ainsi, le gérant de l’ETF réalise seul le travail d’arbitrage pour respecter la composition de l’indice. Il vous restera cependant le plus dur à faire : garder la tête froide en restant investi, y compris lors des prochaines baisses, voire des krachs boursiers.
En bref, la marketcap relève d’une définition simple à comprendre. Différente, voire parfois très distante de la valeur comptable, elle représente une anticipation des performances futures d’une entreprise cotée en Bourse. Utilisée comme pondération par les plus grands indices boursiers au monde, sa version ajustée du flottant se restreint aux seuls titres négociables par les acteurs du marché. La prochaine étape ? Si ce n’est pas déjà fait, passer à l’action avec notre formation en Bourse.