Ne pas investir en ETF, vraiment ? Sur ce blog et sur ma chaîne YouTube, vous pouvez suivre mes investissements et vous rendre compte que j’investis en Bourse uniquement à travers des ETF. Je défends l’investissement passif en ETF et soutiens l’idée que le stock-picking (sélectionner une par une ses actions dans son portefeuille) est une mauvaise pratique.
Pour autant, tout le monde n’adhère pas encore aux ETF. Même si l’investissement passif connaît une croissance spectaculaire — l’encours des ETF en Europe a dépassé les 3 700 milliards de dollars début 2026, porté par près de quatre années consécutives de collecte positive (d’après ETFGI) —, l’investissement actif et le stock-picking restent largement répandus, notamment sur internet. Car réussir à sélectionner les meilleures actions dans son portefeuille et avoir des performances bien au-dessus du marché fait plus rêver que de se contenter de la performance du marché.
Alors, les ETF sont-ils une arnaque ? Dans cet article, je vais regarder avec vous quels sont les risques des ETF et quelles sont les 7 raisons qui poussent les particuliers à ne pas investir en ETF et à privilégier le stock-picking (plus séduisant à 1re vue). Je ne pourrais pas contredire la dernière raison, vous verrez pourquoi…
L’investissement en actions et via des ETF comporte un risque de perte en capital lié aux fluctuations des marchés financiers. La valeur des investissements peut évoluer à la hausse comme à la baisse en fonction du contexte économique, géopolitique et des marchés.
1. Ne pas investir en ETF pour avoir une meilleure performance
Ne pas investir en ETF pour profiter d’une meilleure performance est une des raisons qui revient souvent. Pourquoi se contenter de la performance des marchés, d’un petit 10 % par an, quand on peut sélectionner soi-même les meilleures entreprises, éviter les moins bonnes et obtenir des rendements bien plus élevés ?
Cependant, aucune étude ne montre que ceci est possible et le stock-picking s’avère en pratique être une fable.
L’imprévisibilité de la performance d’une action
Il faut bien comprendre que la performance d’une action est imprévisible et qu’il existe une grande différence entre l’analyse de la qualité de l’entreprise, de ses finances ou de son cours historique et sa performance future.
Sur les douze derniers mois, il fallait par exemple sélectionner l’entreprise de sidérurgie Nucor plutôt qu’Apple, Amazon ou Netflix pour obtenir la meilleure performance. Pendant que Nucor s’envolait de plus de 83 %, Netflix — pourtant une valeur technologique bien plus prisée des particuliers — perdait près de 44 % sur la même période. Apple (+37 %) et Amazon (+11 %), deux géants que tout le monde aurait spontanément choisis, faisaient bien moins bien qu’un sidérurgiste dont presque personne ne parle.

Au passage, un ETF répliquant le S&P 500 aurait affiché une performance solide (+19 % sur un an) sans avoir à parier sur la bonne action, et avec beaucoup moins de volatilité. Là où il fallait avoir la chance de choisir Apple pour faire mieux, choisir Netflix vous aurait coûté près de la moitié de votre capital. L’indice, lui, capture la hausse moyenne du marché sans ce risque.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
Les risques du stock-picking
Il faut donc une sérieuse capacité de prédiction pour réussir à parier sur les entreprises les plus performantes. Ce qui est en pratique très compliqué, voire impossible, tellement que la très grande majorité des professionnels échouent. Les études SPIVA montrent le pourcentage de fonds professionnels battant le S&P 500. Et les résultats pour le stock-picking sont catastrophiques :
Penser que vous pourrez battre le marché en faisant du stock-picking, là où la très grande majorité des gérants professionnels échouent, est un pari très risqué pouvant coûter très cher à votre portefeuille.
Conseil de Matthieu

Sur 10 ans, 85,6 % des fonds professionnels font moins bien que l’indice S&P 500. Sur 20 ans, ce sont 92,9 % des fonds professionnels qui sous-performent le S&P 500, dont la performance peut pourtant être très facilement répliquée dans votre portefeuille et à moindres frais grâce aux trackers en Bourse. Pour surperformer, les stock-pickers doivent donc avoir une capacité de prédiction que la plupart des professionnels n’ont manifestement pas.
Il faut comprendre que les performances des actions sont réparties de manière asymétrique : sur une période donnée, une petite poignée de titres concentre l’essentiel de la performance de l’indice, tandis que la majorité des actions font moins bien que la moyenne. C’est un phénomène structurel et documenté depuis longtemps sur les marchés actions américains.
Une action choisie au hasard a donc bien plus de chances de sous-performer l’indice que de le battre (mauvaise nouvelle pour le stock-picking). À l’inverse, une poignée d’actions obtient des performances explosives qui tirent tout l’indice vers le haut. Si vous ne détenez pas ces rares actions aux performances exceptionnelles, vous avez de grandes probabilités de sous-performer. Malheureusement, sélectionner ces actions est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
“Ne recherchez pas l’aiguille dans la botte de foin. Achetez tout simplement la botte de foin.”
John Bogle – Fondateur de Vanguard
La mauvaise performance des investisseurs particuliers
Les particuliers ne semblent pas l’avoir non plus (moins d’expertise, moins d’outils, moins de temps, moins de ressources). Les études de référence sur le comportement des investisseurs particuliers montrent qu’ils obtiennent en moyenne une performance nettement inférieure à celle du marché, à cause d’un mauvais market-timing, d’achats et de ventes au mauvais moment et de frais qui s’accumulent. Avec les intérêts composés, cette sous-performance entraîne un manque à gagner colossal sur le long terme.
Il est donc quasiment impossible de sélectionner les meilleures actions. Ceux qui conseillent de ne pas investir en ETF et qui affirment qu’il est possible de faire mieux que la performance du marché ne sont pas soutenus par les données et les études. Faire du stock-picking, c’est surtout prendre le risque de faire beaucoup moins bien que les ETF. Il ne faut pas non plus tomber dans l’illusion de belles performances sur le court terme qui ne tiendront pas sur le long terme.
2. Éviter les ETF qui sont trop risqués
Un argument souvent avancé pour ne pas investir en ETF reste qu’ils sont trop risqués. Vous suivez le marché, donc vous obtenez toutes les hausses du marché, mais aussi toutes ses baisses. Avec un portefeuille géré activement, on pourrait en théorie très bien sentir le marché pour se protéger des baisses du marché en vendant avant les chutes. En d’autres termes, on pourrait timer le marché.
Ici, l’expression « en théorie » tient tout son sens, car en pratique, rien de tout cela ne semble possible encore une fois quand on regarde les données et ce qu’arrivent à faire les investisseurs.
Une étude de Vanguard examinant la performance des fonds actifs en bull market, quand les actions se portent bien, et en bear market, quand les actions vont mal, montre que les gérants actifs n’arrivent pas à battre le marché même en marchés baissiers.

Pendant les 2 marchés baissiers de 2000 et de 2008, moins de 50 % des gérants actifs ont réussi à faire mieux que leurs indices. Autrement dit, c’est à peu près comme toutes les autres années.
« Les gestionnaires actifs ne présentent pas de tendance constante à ajouter de la valeur sur les marchés haussiers ou baissiers, et la majorité d’entre eux ont tendance à sous-performer leurs indices de référence au fil du temps. »
Vanguard
Par conséquent, personne ne devrait penser que gérer son portefeuille activement en temps de crise permettrait de protéger son portefeuille des chutes. Les gérants actifs font moins bien que le marché en bear market, il est donc faux de dire que détenir des ETF en bear market est plus risqué.
C’est même le contraire qui est vrai : gérer activement son portefeuille engendre un risque supplémentaire qu’investir avec un portefeuille d’ETF largement diversifié. En effet, les stock-pickers s’exposent au risque du mauvais choix de leurs actions. Il n’est donc pas conseillé de ne pas investir en ETF.
Un stock-picker pensant investir avec talent est simplement en train de s’exposer à un risque qui n’est pas rémunérateur sur le long terme. Sur le court terme, il peut dégager plus de plus-values que le marché, mais sur un temps raisonnablement long, comme au casino, il perdra son argent vis-à-vis de ce risque.
Le jeu spéculatif du stock-picking est un jeu à somme nulle où les gains des uns sont les pertes des autres. Mais en y ajoutant les frais de courtiers, le spread et les impôts, le jeu se transforme malheureusement en un jeu à somme négative (vraiment comme au casino). Un portefeuille bien diversifié à faible frais d’ETF efficace fiscalement et passif sera moins coûteux en frais qu’un portefeuille géré activement.
3. Privilégier les actions à dividendes en bear market
Une autre idée reçue pour se protéger d’un bear market est de détenir un portefeuille à dividende qui ne serait pas risqué en cas de chute des marchés, car les dividendes continuent d’être versés. Si vous croyez encore en la véracité de cette idée, je vous invite vraiment à lire cet article sur les actions à dividendes.
⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
4. Diversifier ses investissements est mauvais
C’est aussi un argument qu’on entend souvent pour nous inciter à ne pas investir en ETF : trop de diversification diluerait la performance et serait nocive pour notre portefeuille. Les ETF seraient donc un danger pour votre patrimoine.
Alors, il est vrai que d’avoir trop d’entreprises dans un portefeuille est mauvais, mais uniquement si vous les détenez en direct, ligne par ligne. Effectivement, avoir un portefeuille de 100 ou 200 entreprises sans passer par un ETF serait très compliqué à gérer, très sujet à de mauvaises décisions de gestion et éventuellement à des frais de gestion trop importants.
En revanche, avoir beaucoup d’entreprises simplement parce que vous les détenez via des ETF n’a jamais été mauvais. Je vous invite à relire le point numéro 2 au sujet du risque lié au stock-picking contrairement à un portefeuille largement diversifié. Personnellement, j’ai un peu plus de 5 000 entreprises dans mon portefeuille PEA et il se comporte très bien.
5. Investir son argent chez les meilleurs gérants
Dans le point numéro 1, on disait que sur 20 ans, environ 93 % des gérants professionnels ont sous-performé le S&P 500. Donc 7 % ont réussi à le battre. Alors, pourquoi ne pas investir chez ces 7 % de gérants pour obtenir des performances supérieures au marché ? Plus besoin d’ETF, on confie notre argent aux vrais professionnels talentueux.
Cependant, lorsqu’on analyse les gestionnaires soi-disant « talentueux », on se rend compte qu’une partie de leur succès est dû à la chance, plutôt qu’à un talent particulier.
Si dans une salle de 10 000 personnes, on demandait à chaque personne de jeter 10 fois une pièce à pile ou face, il est probable qu’une dizaine de personnes ait fait 10 fois pile. Il serait bête de leur demander des conseils pour faire pile : ils n’ont aucun talent à faire pile. Ils ont juste eu de la chance.
Ce biais statistique s’applique aussi lorsqu’on étudie les performances des fonds. Des fonds ont pu surperformer le marché simplement par chance. D’ailleurs, très souvent, les meilleurs fonds d’une période sont ensuite les pires de la période suivante.
C’est ce qu’illustrent les travaux de Jack Bogle ainsi que les Persistence Scorecards publiés chaque année par S&P Dow Jones Indices : les fonds situés dans le haut du classement sur une période s’y maintiennent rarement sur la période suivante. Le constat de S&P est sans appel : « la compétence a tendance à persister, mais la chance est éphémère » — et dans les faits, une part très importante des fonds tout en haut du classement retombe ensuite dans le bas du tableau.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de rendement.
En règle générale, choisir un fonds pour ses performances passées n’est pas un bon critère de choix. Les travaux académiques de référence, notamment ceux d’Eugene Fama (prix Nobel d’Économie), concluent qu’une fois les frais déduits, quasiment aucun gestionnaire de fonds n’a de talent avéré pour surperformer durablement le marché.
Par conséquent, l’idée de ne pas investir en ETF, car la gestion active les rendrait obsolètes, semble encore une fois de plus réfutée.
6. Faire du stock-picking et surperformer le marché comme Warren Buffett
Certains parleront évidemment de Warren Buffett, un des plus grands investisseurs de la planète (qui est tout de même un fervent défenseur des ETF), en argumentant qu’il a battu le S&P 500 par une gestion active depuis de nombreuses années avec son fonds Berkshire Hathaway.

7. Ne pas investir en ETF pour éviter l’ennui
Investir dans les ETF est ennuyant parce qu’une fois les trackers achetés, il faut tenir ses positions des dizaines d’années. Il n’y a plus rien à faire ou presque. L’investisseur est passif. Ce n’est pas aussi excitant que le stock-picking qui demande d’être actif, d’analyser, de lire l’actualité, etc.
Cependant, à mon sens, l’investissement ne doit pas être un divertissement. Être passif et limiter ses émotions est une excellente pratique. Il s’agit tout de même de notre avenir financier.
“Investir devrait plutôt être comme regarder la peinture sécher ou regarder l’herbe pousser. Si vous voulez de l’excitation, prenez 800 dollars et allez à Las Vegas. »
Paul Samuelson – Prix Nobel de l’Économie
En bref, j’ai simplement répondu aux principaux arguments qui incitent à ne pas investir en ETF. Je n’ai pas exposé tous les avantages d’un investissement en ETF. Il faut aussi comprendre que les ETF représentent un danger pour toute l’industrie des fonds gérés activement (et aux frais élevés) qui nous sont par exemple proposés par nos banques. Forcément, il y aura des gens et même des professionnels qui argumenteront contre les ETF, parfois en propageant de fausses informations ou des rumeurs de bulle.
Si vous souhaitez apprendre à investir en Bourse et construire votre portefeuille d’ETF, n’hésitez pas à profiter de ma formation offerte en cliquant simplement sur l’onglet ci-dessous.
⚠️ Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse personnelle de votre situation financière, de vos objectifs patrimoniaux et de votre profil de risque.
12 réponses
Top merci. Votre analyse est complète et cohérente. Je m’en vais acheter du S&P 500 🙂
Avec plaisir
Très bon article, merci beaucoup !
Avec plaisir !
Si tu cherches du market timing, tu es soit un investisseur de métier ou quelqu’un avec une belle tendance de gamble.
Cet article dit ouvertement que les ETF ne valent pas la peine alors que les articles de premières pages parlent en bon terme des ETF de crypto. Le vecteur d’information est tout croche.
Bonjour, cet article prône justement les ETF. C’est une réponse à 7 raisons souvent évoquées contre les ETF
Comment choisir 1 ETF cac 40 plus qu’un autre, par exemple, alors qu’ils sont censés reproduire exactement la même performance du marché ? Et comment limiter le risque de perdre son investissement du fait du mauvais choix d’ETF et/ou de l’intermédiaire ? Notamment, si celui-ci disparaissait.
D’ailleurs, ce risque n’existe pas si je détiens directement les titres, non ?
Par ailleurs, est-ce que ça se gère comme un portefeuille classique; avec ETF action offensif, ETF obligation/or… défensif pour amortir baisse/krach et lisser les performances sur le long terme. Ou bien, comme à long terme la bourse est toujours haussière, le choix consiste-t-il à choisir un ou plusieurs ETF action pour ne plus y toucher pendant 10 à 20 ans ?
Merci pour vos articles et vos éventuelles réponses. Béotien, je me demande comment préserver mon petit pécule alors que je viens de prendre ma retraite…
Bonjour Damien,
1. Pour comparer deux ETF trackant le même indice boursier, vous pouvez étudier leurs tracking difference (différence de tracking sur un temps raisonnablement long), leurs encours sous gestion, leurs frais, leurs réplications, la société de gestion, leurs antériorités. C’est un bon début de comparaison.
2. Si un ETF disparait, vous ne perdez pas votre investissement mais l’ETF sera liquidité au jour de la fermeture et vous retrouverez du cash équivalent à votre investissement le jour de clôture. Donc, il n’y a pas de risque de perte directe lorsqu’un ETF ferme, pas de risque en plus comparé au stock-picking.
3. La stratégie passive recommande de ne pas changer d’allocation tous les 4 matins, mais plutôt effectivement de choisir des bons ETF à conserver sur le long-terme.
Avec plaisir, je vous souhaite le meilleur pour la suite !
Bonjour,
Je commence tout juste à m’intéresser à la bourse (et donc aux ETF). J’aimerai savoir pourquoi les ETF qui suivent le même indice, n’ont pas forcément le même prix d’achat et si cela a un impact sur les performances qu’on peut envisager (et donc, savoir s’il vaut mieux acheter un ETF à un prix plus ou moins élevé)
Je voudrais également savoir si lorsqu’on dit qu’un ETF à une performance d’environ 10% par an, si cela s’apparente à une augmentation de 10% de la somme initiale investie, par an.
Merci d’avance.
Bonjour,
Le prix d’un ETF est fixé par l’émetteur de l’ETF. Cela n’a pas d’incidence directe sur la performance. Ce n’est donc pas un critère, sauf en ce qui concerne l’accessibilité (il peut être plus facile de traiter avec un ETF coûtant autour de 20€ qu’avec un ETF coûtant autour de 2000€ par part, surtout sur PEA où acheter des fractions de part d’ETF est impossible).
Oui, cela s’apparente à une augmentation de la somme initiale investie de 10% par an (cette performance est annualisée : des années peuvent être à -10%, -20% voire même -50% (2008, d’autres peuvent être à +10% +20% +30% +40% +50%… d’où la nécessité de tenir sur le long terme pour obtenir cette performance « moyenne » annualisée de 10%/an).
Bonjour et merci pour vos articles,
De votre point de vue, quelle serait la conséquence si une grande majorité des investisseurs devenaient passifs ? En quoi cela affecterait il le marché ou les indices ?
J’ai lu pas mal d’articles et on entend tout et son contraire :
– cela n’aurait aucune conséquence
– cela nuirait à la performance des indices qui deviendrait moins bonne car les marchés réagissent beaucoup moins aux événements comme les publications des résultats par exemple
– risque de bulles plus élevé
– cela est une bonne chose car on élimine les mauvais joueurs (stock picker)
Merci de m’aider à y voir plus clair
Bonjour Bernard, vous tombez bien j’ai creusé ce sujet afin d’y avoir une réponse claire pour moi-même. Je vous partage mes écrits.
Les détracteurs des ETFs pointent du doigt un risque structurel / mécanique propre à la gestion passive / systématique si tout le monde détenait des ETFs et si tout le monde faisait la même chose ⇒ Les sociétés quittant l’indice de référence subiraient une chute vertigineuse de leur capitalisation boursière, voire atteindraient 0, du fait de l’argent massivement alloué dans l’ETF qui irait sur la nouvelle société intégrant l’indice. C’est improbable pour plusieurs raisons :
– Le capital flottant (ouvert, libre), celui échangé en bourse, ne représente pas la totalité de la capitalisation de la société. Une bonne partie est détenue par les actionnaires stables, les fondateurs ou héritiers, on parle de capital fixe (fermé, permanent) ⇒ Ainsi, si chute il y a, elle ne concerna pas le capital fixe.
Les sociétés sont présentes dans de multiples indices ⇒ Si une société sort d’un indice, elle ne sortira pas forcément en même temps de tous les autres indices. Ainsi, sa chute sera progressive et naturelle.
– L’homme est intelligent et sait saisir les opportunités flagrantes ⇒ Si une société chute en prix malgré sa valeur fondamentale, elle attirera forcément des investisseurs en stock-picking qui sauront reconnaître l’écart évident entre le prix et la valeur.
– Les ETFs ne seront jamais seul dans le monde boursier. Les fonds actifs et les stock-pickers individuels seront toujours présents, tout comme les joueurs de lotos et de casinos ⇒ C’est comme imaginer un monde avec seulement des agents immobiliers, ça n’a pas de sens. Ou un monde avec seulement des restaurants alors qu’il est si simple de faire à manger chez-soi.
– Si tout le monde va sur les ETFs, cela reviendrait à réduire la concurrence sur les actions individuelles. Ce qui attirerait forcément à nouveau du monde sur le stock-picking. De plus, ce n’est pas parce que les gens sous-performent en stock-picking qu’ils se dirigeront vers les ETFs, les joueurs de lotos ou casinos perdent tous et recommencent pourtant ⇒ L’ordre naturel des choses est plus fort que tout.
Si tout le monde détenait des ETFs, certains disent aussi que le prix des actions individuelles ne seraient plus réalistes et le marché ne serait donc plus efficient car les volumes/arbitrages des investisseurs passifs sont faibles sur les ETFs ⇒ C’est vrai mais il a été prouvé que le “price discovery” nécessite un faible nombre de stock-picker et de gestion active (10% suffirait). Ces derniers permettent d’avoir des capitaux en mouvement selon les analyses réalisées.
Les ETFs suivent très souvent des indices avec de grosses capitalisations. Ainsi, les ETFs dirigent les flux d’argent vers les grosses capitalisations et les petites capitalisations sont délaissées ⇒ Mais à côté, il y a donc plus d’anomalies de marché sur ces petites valeurs. Les ETFs sont des vecteurs favorisant les anomalies de marché, incitant les stock-pickers à focus cette stratégie active.